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dimanche 19 avril 2026

« J’ai rencontré Satan - Le combat du plus célèbre exorciste »

Mais il a voulu que les êtres dotés d'intelligence, les anges et ensuite les hommes, ne l'aiment pas par contrainte, mais par choix (…)

L'ange, esprit pur, intelligence pure, resplendissant, bienheureux : voilà ce qu'était la condition de l'ange. Mais Dieu a aussi voulu que l'ange le reconnaisse comme son créateur.

Il a aussi souhaité que l'ange confesse avoir tout reçu de lui…

(…) l’enfer créé par Satan. Car Dieu n'a rien créé de mal. L'enfer n'était à aucun moment prévu dans le plan créateur.

Dieu n'y avait même pas pensé. C'est ce que me disait un jour un démon, au cours d'un exorcisme : « Dieu n’y avait même pas pensé. L'enfer, c'est nous qui l'avons créé » (…)

Tout a été créé par Jésus-Christ et en vue de Jésus-Christ. Par conséquent, pour les anges comme pour nous, le but de notre existence, c'est Jésus-Christ.

Je le regarde et je lui dis : « Seigneur, c'est toi qui m'as créé, c'est pour toi que je suis créé. Tu es le but de mon existence. Je vis pour toi » (…)

Par conséquent, après avoir créé l'homme pour jouir du Paradis terrestre, Dieu l'a soumis à son tour à une épreuve de fidélité envers lui et ce, en vue du Paradis éternel.


Chez nous en Italie, deux référendums sont passés - je les ai suivis tous les deux -, en premier celui du divorce et en second celui de l'avortement, signes de civilisation ! Signes de progrès ! C'est cela la tactique du diable. De nier d'abord ce que Dieu dit : que c'est péché ! Ensuite, de faire apparaître le mal comme un bien (…)

Il y a trois grandes lois du satanisme, et elles sont diffusées dans le monde entier, depuis toujours ; elles sont codifiées, que ce soit dans la bible de Satan, ou dans ce que Crowley a écrit sur le diable :

1. fais tout ce que tu veux ;

2. n'obéis à personne ;

3. sois ton propre Dieu.


Et c’est ma réponse à ces savants : faites attention, il n'existe pas d’alternative. Ou bien l'on est avec le Christ, ou l'on est avec Satan (…)

Ma vie me sert à sauver mon âme. Elle sert à montrer ma fidélité au Dieu créateur.


Et c'est précisément ce qu'il [Jésus] est venu accomplir : détruire les œuvres du mal et nous révéler les œuvres de Dieu (…)

Vous croyez qu'on peut faire abstraction du plus grand des commandements qui est celui d'aimer Dieu par-dessus tout ? Il faut donner à Dieu la première place et tous les autres commandements en découleront.


Et nous connaissons bien cet épisode de sainte Thérèse d'Avila qui tombe dans un lac : «Mais même à tes amis, tu permets que ces choses arrivent

Et Jésus de rétorquer : « Ne sais-tu pas que c'est ainsi que je traite mes amis ? »

Et sainte Thérèse : « C'est pour cela que tu en comptes si peu !» (…)

Sans la croix, on ne peut pas suivre Jésus. Je dirais même que le Seigneur, par sa Passion et sa Croix, nous a entièrement rachetés mais attend de notre part la souffrance en échange.


De la même façon, quand je confesse, je tiens à dire ces mots, et je les répète à mes pénitents : « Soyez attentifs à la valeur de la confession ! » (…) Ne vous rappelez-vous pas que derrière chaque absolution, il y a la Passion et la Mort de Jésus ? Ne pensez-vous jamais que l'absolution que vous recevez, même si le prêtre est en état de péché mortel - dans ce cas l'absolution est quand même valide - est un bain dans la Passion et la Mort du Christ ?


L'Église nous communique les paroles de Jésus, son exemple, ses sacrements.


Le pouvoir de faire le bien ou le mal, c'est ce qui nous sépare du règne animal, des poissons, du règne végétal. C'est ce qui constitue notre grandeur.


C'est un des thèmes que j'aborde avec les fiancés et les jeunes mariés : alimentez l'amour, alimentez-le régulièrement ! Sachez que l'amour humain a besoin de moments de pardon. Malheur à qui ne sait pas demander pardon ; car dans tous les couples il y a des désaccords. Il faut savoir pardonner, oublier, accepter. Sinon il est impossible de tenir.


C'est ce que toute l'histoire sacrée nous montre : quand on ne croit plus en Dieu, on croit aux idoles (…) Si au lieu de croire en Dieu on croit à des mensonges, alors c'est en Satan que l'on croit. Il n'existe pas d'autre alternative : qui n'est pas avec Jésus est avec Satan (…)

« Quand les gens cessent de croire en Dieu, ce n'est pas qu'ils croient en rien, mais qu'ils croient en n'importe quoi » (Chesterton).


Si l'on est baptisé mais que l'on vit dans le péché, alors on n'est plus avec le Christ. En revanche, toutes les personnes qui mènent une vie honnête le sont ; ceux qui ont vécu avant la venue du Christ, par exemple ; ceux qui n'ont jamais entendu parler de lui mais qui vivent en cohérence avec leur conscience, cette faculté qui nous a été donnée par Dieu (car Dieu a octroyé à tout homme de distinguer le bien du mal) ; ceux qui pratiquent la charité envers leur prochain, vertu fondamentale.


- Je voudrais tout d'abord me référer à la vision du pape Léon XIII, dans laquelle il voit le Seigneur qui donne la permission au diable de ravager son Église.

- (…) Je prends pour exemple le pays où le catholicisme était le plus prospère : le Brésil. Cette nation connaissait un pourcentage de catholiques supérieur à celui de nos pays, l’Italie, la France, etc. Et aujourd'hui il a connu une terrible baisse, cause du travail des sectes. Les sectes sont en train de ruiner le Brésil.


La Révolution française, par exemple ; quel désastre ! Mais aussi le siècle des Lumières, le rationalisme, le communisme, qui a subtilisé à l'Église les foules, celles des ouvriers et ensuite des paysans, et qui est même parvenu à subjuguer des nations qui en soi - je pense entre autre à l'Afrique - étaient loin de la mentalité communiste (…) 

(…) du côté de chez moi, en Émilie Romagne, dans ma Modène natale, le communisme est encore bien présent, très présent. Pourquoi ? Je répondrai sans hésitation : pour des raisons économiques, parce qu'un communiste trouve tout de suite du travail. Qui n'a pas la carte du Parti, chez nous, aura un mal fou à trouver du travail (…)

En résumé, nous assistons à cette grande transition culturelle dominée par la Révolution française, l'illuminisme, le rationalisme, le communisme. Ils ont accaparé le monde de la culture et par ce biais le reste du monde, ce qui explique la gigantesque chute de la foi dans nos régions.


Nous vivons une époque de saints, oui ! Mais les médias ne parlent jamais des vies exemplaires, des missionnaires qui meurent martyrs. Ils ne parlent que des mauvais exemples et se comportent ainsi comme des anticléricaux.


Mais Lucia (une des enfants voyantes de Fatima) avait dit : « La Sainte Vierge veut que la consécration soit faite dans le monde entier, et prononcée par le pape et par les évêques au même moment » (…) Oh combien le Pape [Jean-Paul II] a-t-il dû se battre pour pouvoir faire ce que demandait la Sainte Vierge : consacrer la Russie ! Parce que tout le monde était contre cette idée : « Si vous consacrez la Russie, le patriarche de Moscou va s'offenser, et avec lui tous les orthodoxes ». La bataille a été si difficile que le Pape a dû se résigner à ne pas mentionner la Russie dans la consécration. Mais cela l'a fait souffrir car c'était son désir. Et il s'en est sorti par une pirouette : « Je consacre toutes les nations au Cœur Immaculé de Marie » (…)

(…) le Pape n'a pas pu faire selon ce que la Sainte Vierge avait minutieusement prévu, c'est-à-dire que tous les évêques du monde fassent la consécration au même moment qu'à Rome (…)

« As-tu pensé, me disait-il, à consacrer l'Italie au Cœur Immaculé de Marie ? Cela n'a jamais été fait. » En effet, à l'époque des consécrations mariales, au XVIIe siècle, lorsque la France, la Pologne, le Portugal ont été consacrées, l'Italie n'était pas unifiée (…)

J'ai donc été l'instigateur de ce projet, je l'ai réalisé, et j'ai fait le factotum.


- Les catholiques d'aujourd'hui ont un comportement ambivalent : d'une part ils viennent à la messe, et de l'autre ils votent en faveur du divorce et de l'avortement. Pourquoi cela ?

- C’est tout à fait juste. Et c'est la raison pour laquelle je vous disais que les catholiques se sont immergés dans la culture laïque, la morale laïque, les pratiques de vie laïques.

Ils s’illusionnent en se croyant encore catholiques parce qu'ils vont à la messe de temps en temps (…) Le plus grand mensonge était de dire que le divorce n'est pas une obligation. Si tu es contre alors ne le fais pas, mais tu dois respecter ceux qui veulent le faire, respecte la liberté de qui veut le faire. Après tout, à chacun sa conscience. Ce sont des bobards, car nous devons respecter les lois de Dieu : « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas. »

Parce que sinon, en suivant cette logique, on peut tout justifier. Pareil pour l'avortement. Ce n'est quand même pas une obligation que d'avorter. Pas du tout. Si tu es contre, alors ne le fais pas. Mais respecte ceux qui veulent le faire.


Dieu a envoyé Jésus, qui a institué l'Église ; Jésus a dit : « Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui refusera de croire, sera condamné ! » Si tu veux croire en Dieu, tu dois observer ses commandements. Donc tu ne peux pas dire : « Je crois en Dieu mais je ne crois pas en l’Église ». Tu ne croirais donc pas en ce que Dieu nous a enseigné. Donc, dire que l’on croit en Dieu mais pas en l'Eglise revient à dire que l'on croit en Dieu à sa manière à soi, un Dieu fait à sa mesure à soi.


Les prêtres se rendent compte qu'ils ont plus de fécondité à rester dans leur église. C'est ce que les gens attendent d'eux. Les gens veulent voir leur prêtre prier dans son église, comme le faisait le saint Curé d'Ars. Les prêtres portent plus de fruit quand ils restent dans leur église que quand ils organisent les activités à droite et à gauche, même si c'est de l'apostolat ou des œuvres de charité.


Je prêche sur l'un des messages de Medjugorje (…) j’ai justement choisi celui où Marie parle de l'enfer. Je l'avais oublié, mais il date du 25 juillet 1982 (…) De ce message, je tire trois phrases :

La première : « Aujourd'hui beaucoup vont en enfer ». Dans le passé, la Vierge avait dit : « Beaucoup vont au purgatoire. Peu sont ceux qui vont directement au Paradis, car ils arrivent sans être prêts ». (…) Dieu permet que ses enfants souffrent en enfer parce qu'ils ont commis des fautes gravissimes et impardonnables. Ceux qui vont en enfer n'ont plus la possibilité de connaître un sort meilleur. La deuxième phrase : « Les âmes des damnés ne peuvent se repentir car elles continuent à refuser Dieu. En enfer, elle le maudissent encore plus que quand elles étaient sur terre ». Je ne sais pas si vous avez lu la page que sœur Faustine Kowalska a écrite sur l'enfer ? Elle insiste justement sur le fait qu'en enfer les damnés maudissent Dieu continuellement (…)

Troisième phrase : « Ils deviennent l'enfer. L'âme qui est en enfer devient une avec lui. C'est sa place et elle ne veut pas en être retirée ». À une autre occasion, Mirjana (une des voyantes de Medjugorje) avait demandé à la Sainte Vierge : « Est-ce qu'un damné pourrait se repentir? Dieu ne pourrait-il pas le retirer de l'enfer et l'amener au Paradis ? ». La Vierge avait répondu : « Oh si, bien sûr qu'il le pourrait, mais ce sont eux qui ne le veulent pas ! »(…) C’est un endroit où, à la fois elles haïssent Dieu, et à la fois elles se haïssent entre elles. J'ai eu des cas où les démons avouaient leur peur de Satan (…) les diables les plus forts tyrannisent les moins forts (…) Nous avons aussi la certitude que Judas est en enfer, c'est ce que nous croyons depuis des siècles.

(…) la haine qu'il y a entre les damnés et les démons.


Jusqu’au tout dernier moment, jusqu’au dernier soupir, l’homme a la possibilité de se convertir. Mais si l’on est en enfer, alors c’est trop tard.


Troisième loi du satanisme : Tu es ton propre Dieu.

C'est exactement de cette façon que l'ange Lucifer est devenu diable. Il a voulu être comme Dieu. Il a pris conscience de sa beauté, de son extrême intelligence, de ses pouvoirs, de ses possibilités : et il s'est alors cru le maître de tout. Et c'est pour cela qu'il a renié le fait d'être une créature de Dieu, de dépendre en toute chose de lui. Car c'est pourtant bien Dieu qui l'a créé et qui lui a donné tout ce qu'il est.


J'ai souvent rencontré des personnes, même âgées, qui me disaient : « Moi je n'ai rien fait de bien important pendant ma vie ; je ne sais même pas à quoi a servi ma vie ! »

(…) tu as vécu ta vie sur terre pour conquérir le Paradis, pour accéder à la vie éternelle. C'est pour cela que même si pendant sa vie, on a l'impression qu'on a tout raté, si notre âme est sauvée, alors la vie est une victoire. Si quelqu'un sur terre réussit en tout, si cette personne devient un grand personnage, un chef d'Etat, un milliardaire, s'il est propriétaire de châteaux mais perd son âme, alors sa vie est un fiasco, un échec, une défaite cuisante.

Dieu nous révèle notre origine : nous venons de lui, nous avons été créés par Jésus-Christ. Il nous révèle notre but :

nous avons été créés en vue de Jésus-Christ.


(…) si l'on choisit de suivre les lois du satanisme dont nous avons parlé (faire ce que l'on veut, n’obéir à personne, être le dieu de sa vie), alors on finira avec Satan et notre vie éternelle sera la damnation.


Au contraire, j'ai eu des cas où des personnes fautives se sont repenties, mais leur repentance n'a en rien résolu le problème de la malédiction, quand par contre, le pardon de la victime, les exorcismes et la prière l'ont fait.

N'oublions pas que les trois grands moyens de chasser le mal sont la foi, la prière et le jeûne.


Elles se rendent chez l'exorciste. Elles ont peut-être la certitude d'être possédées, l'exorciste peut même le leur confirmer. Et alors elles disent : « Libérez-moi ! » Et moi je leur dis : « Non, mon ami : c'est à toi de te libérer. Moi je peux t'aider, mais c'est à toi de faire le travail. »


Si un exorciste n'est pas un homme de prière, s'il n'y met pas du sien, alors il ne vaut pas grand-chose.


C'est pourquoi il est aussi arrivé que des personnes de peu de foi se soient présentées à des saints prêtres et qu'elles aient été libérées, grâce à la sainteté du prêtre. C'est ce qui se produisait avec Padre Pio. Il a délivré des personnes qui n'avaient pas vraiment une foi énorme. Mais il compensait avec la sienne. Et il les libérait. C'est le Seigneur qui délivre. À la fin, c'est lui qui décide.


A ce propos, sur cent personnes qui ont besoin d'exorcisme - et c'est en retirant les cinq cent qui disent en avoir besoin et qui en fait n'en ont pas besoin du tout - sur ces cent personnes donc, il y en a au maximum dix qui sont sujettes à une vraie possession diabolique. Les quatre-vingt-dix autres ont juste une influence maléfique. Mais dans les deux cas, comme le dit bien le Catéchisme de l'Église catholique, il faut procéder à l’exorcisme.


Je crois que les maléfices ne se répercutent pas sur l'arbre généalogique. Padre Pio non plus n'y croyait pas (…) Les maléfices ne sont pas héréditaires, à moins qu'ils n'aient été faits dans l'intention de se propager du père sur les enfants. Dans ce cas, il y avait à la base le désir explicite de le répandre aux générations suivantes.


Il y avait un exorciste salésien réputé, le père Tommasini. Il disait que s'il y avait un blasphémateur dans une famille, le mal s'étendait à la famille entière. Je suis d'accord avec lui et j'en ai fait l'expérience à plusieurs reprises. Un blasphémateur aura une influence néfaste sur les membres de sa famille, mais une fois qu'il meurt, le mal s’arrête. Quand, au sein d'un groupe quelqu'un blasphème, il faut tout de suite l'affronter et lui dire : « Arrête immédiatement ou alors va-t'en ! ». Dans ces cas-là, il ne faut pas avoir de pitié (…) Le blasphème a une dimension sociale et c'est donc publiquement qu'il faut le combattre. Lorsque, dans un groupe, une personne blasphème, il faut que le groupe entier fasse une prière de réparation.


« Délivre-nous du mal ». Le texte précis est : « Délivre-nous du malin ». Le Catéchisme explique bien que la phrase est dite en insistant sur l'aspect personnel : « Délivre-nous du malin », c'est-à-dire de la personne de Satan. Le « Notre Père » commence donc par une personne, le Père, et termine par une autre, Satan. Tout est dit.


À travers notre attitude vis-à-vis du prochain. L'explication nous est donnée au chapitre 25 de l'évangile de saint Matthieu. C’est le passage du jugement dernier (…) Nous serons jugés en fonction de notre comportement vis-à-vis des personnes que nous rencontrons. C'est pourquoi tout homme est en mesure de se positionner par rapport au Christ, car tout homme est en contact avec le prochain. Dans ce prochain, le Christ s’identifie (…) 

Dans le passage du jugement dernier il n'est pas dit : « Viens, béni de mon Père, parce que tu es allé tous les dimanches à la messe, parce que tu t'es confessé régulièrement, parce que tu faisais tes prières ». Non. Seule la charité envers le prochain sera prise en compte. Par contre, cette charité, je ne peux l'obtenir pour voir le Christ dans mon prochain que grâce à la prière, à la confession et à ma participation à la messe. Sans cela, je ne peux pas. Car mon égoïsme est plus tenace : naturellement, je ne pense qu'à moi, je ne pense pas à l'autre.


Qui est capable en tout temps d'accepter la volonté de Dieu garde sa bonne humeur et sa sérénité.


Pendant les trois premiers siècles de l'Église, tous chassaient les démons. Les laïcs aussi : hommes et femmes.


Une sainte de chez nous réputée pour cela est sainte Catherine de Sienne. Quand un exorciste ne parvenait pas à libérer une personne, il l'envoyait à sainte Catherine, pas parce qu'elle était exorciste, encore moins parce qu'elle était prêtre, mais parce qu'elle était sainte. Parce que la condition sine qua non de la réussite d'un exorcisme est la foi (…)

J'insiste sur les trois : la foi, la prière et le jeûne. Si une personne vit les trois, alors elle pourra chasser des démons, les femmes aussi. Mais ce sera toujours au nom de Jésus-Christ : « En mon nom, ils chasseront les démons ».


Bien sûr, la reine des vertus, telle que saint Paul nous en fait l'éloge en la comparant avec la foi et l'espérance, c'est la charité. Parce qu'au Paradis, la foi et l'espérance disparaissent. La charité reste (…)

L’humilité est la qualité fondamentale de toute vertu. 


Il [le père Candido] était aussi capable de guérir des maladies. Il a guéri beaucoup de tumeurs au cerveau (…) Dans l'Évangile, la guérison physique et la libération des démons vont de pair.

(…) Jésus (…) guérissait les uns et libérait les autres, à chacun selon son besoin.


(…) aujourd’hui l’Eglise doit faire face à une grande demande d'exorcismes et eIle n'en est pas capable (…) Le problème aujourd'hui est autre : l'exorcisme est réservé aux évêques, qui peuvent nommer des prêtres pour l’exercer (…)

Parce que les prêtres ne croient plus en rien. Moi je cesse de le leur répéter : « Toi le prêtre, souviens-toi pouvoir immense de tes mains qui bénissent, même une simple bénédiction. Bénis, bénis ! ». Non, ils ne le font plus, ils n'y croient plus, ils ne le savent plus.


(…) l’exorcisme (…) est une prière publique.


Quand on entendait les cloches pour un enterrement - aujourd'hui les cloches ne sonnent plus - on se disait : « Ah, quelqu'un est mort. Je vais prier pour lui, même si je ne sais pas qui c'est, je vais prier pour cette âme défunte ».


Je pense que le Seigneur (…) donne à certaines personnes des pouvoirs sur des maladies ou des douleurs. Mais il faut que ces personnes soient bonnes, qu'elles soient des âmes de prière et qu'elles ne cherchent en rien un intérêt économique. Je me réfère en particulier aux guérisseurs des campagnes. Ce sont des faits authentifiés et j'en ai connu personnellement un certain nombre.

(…) le don de sentir la présence de l'eau. Cela porte un nom, le sourcier (…) C'est un don naturel. D'autres personnes ont des dons de guérison. C'est le don d'imposer les mains pour guérir une personne. C'est une chose naturelle ; ça ne dépend pas de la sainteté de la personne, ou de l'Esprit Saint. Et, comme il s'agit d'un don naturel, ils se font payer pour cela.

(…) s’il s'agit d'un vrai magnétiseur, alors on parle de don naturel, ce n'est pas d'origine diabolique. Il ne vient pas non plus de l'Esprit Saint. Il est naturel.


Lorsque tu affrontes une difficulté, offre-la au Seigneur ; tu la supporteras infiniment mieux que si tu te braques en accusant Dieu d'être responsable de tes souffrances (…) Goethe, le grand poète allemand qui a écrit Faust, a aussi écrit : « Aujourd'hui je fête mes quatre-vingts ans ; je n'ai jamais eu une seule journée de bonheur ». Quel contraste avec la phrase de saint Léonard de Porto Maurizio qui, à plusieurs années de différence, écrit « Aujourd'hui, je fête mes quatre-vingts ans ; je n'ai jamais eu une seule journée de tristesse ».


J'ai eu la chance de connaître personnellement la maman de Maria Goretti. J'ai aussi connu Serenelli, le jeune garçon qui a assassiné Maria. Au départ, ce n'était pas un mauvais garçon. Mais il avait pris l'habitude de lire les revues pornographiques que son père ramenait à la maison. C'est ainsi que tout a commencé pour lui. Il a fini sa vie en odeur de sainteté. Il était portier chez les carmes. Il disait : « Je suis sûr que j'irai au Ciel, car Marietta - c'est ainsi qu'il l'appelait - a prié pour moi ».


J'aime penser que le premier miracle que Jésus a accompli, a précisément eu lieu dans une famille, à Cana (…) La guérison de l'humanité passe par la famille.


La première tactique est de nier les commandements de Dieu ; de dire qu'ils sont faux, ou qu'ils sont injustes. Est-ce que vous pensez à cette horrible loi que notre monde contemporain a instaurée : l'avortement, tuer les bébés dans le ventre de leurs mères ? C'est ça le progrès de l’humanité ? Que notre civilisation contemporaine utilise l'avortement comme un signe de progrès, c'est ça la victoire de la tactique du diable ! Quand Dieu dit : « C'est péché », il rétorque : « Non, ce n'est pas vrai ». Il nous fait croire que le mal peut être un avantage, ou un progrès : « Vous serez semblables à Dieu, car vous connaîtrez le Bien et le Mal ».


Très souvent au cours de mes exorcismes, je fais appel à Jean-Paul II. J'invoque sa présence, son aide et son intercession. À chaque fois, quelque chose de curieux se passe car le démon se manifeste de façon très violente à travers la personne possédée (…) Je l'ai donc interrogé :« Pourquoi est-ce que tu es si furieux quand j’invoque Jean-Paul II ? (…) Il m'a répondu :  « Parce qu'il m'a volé tant de jeunes ! »


(…) on sait que les premiers chrétiens n'allaient à la messe qu'une fois par semaine, le dimanche.


Les défunts nous voient et nous suivent à travers Dieu ; ils ne le font pas de manière directe. Nous pouvons prier pour eux, élever vers eux nos intentions ; tout passe par Dieu.


Mais, lorsque l'Église a proclamé Marie, Mère de Dieu, le pape Libère a voulu lui construire un temple, le premier en Europe, une église qui lui serait consacrée, la basilique Sainte-Marie-Majeure. Il y avait bien un lieu de culte marial en Palestine, à Nazareth et à Jérusalem, mais c'était tout.


Aujourd'hui, voilà ce qu'on lit : « L'Archange Gabriel fut envoyé dans la ville de Nazareth à une femme, nommée Marie, fiancée à un homme appelé Joseph ». Comment ça « fiancée » ? (…) Marie et Joseph était déjà mariés, si bien que si trahison il y avait, la loi de la lapidation devait s’appliquer (…) La preuve, c'est que lorsque l'Archange Gabriel apparaît en songe à Joseph, il lui dit : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse ». L'ange n'a pas dit : « ta fiancée », sapristi ! (…) Donc il était parfaitement accepté que Marie ait un enfant pendant la période qui précédait le mariage solennel, le moment où l'époux introduisait son épouse chez lui, cérémonie qui durait en général environ sept jours (…) dès le début, dès le moment où l'époux prononçait les paroles : « Je te prends pour épouse selon la loi de Moise », et que les parents donnaient leur bénédiction, le mariage était complet.


L'influence de la bénédiction des parents est puissante.


Le chrétien se rend vite compte qu'il est seul. C'est pour cela que j'insiste toujours sur le fait que le chrétien doit accepter d'être différent des autres, de ne pas vivre comme les autres. Saint Paul répète au moins à trois reprises de ne pas suivre le monde et les chemins qu'il propose.


(…) mon maître, le père Candido (…) disait : « On hérite de beaucoup de choses de ses ancêtres : les caractéristiques somatiques, psychiques, certaines maladies ; mais les maléfices, non ! Ils ne passent pas par le sang ! »


Priez en famille ! La prière familiale a une immense efficacité.

dimanche 8 février 2026

« La maison de liesse » d’Edith Wharton (1905)

Cette posture soulignait la sveltesse de son buste et de ses hanches, conférant à sa silhouette une sorte de grâce sauvage - comme si, dryade captive, elle était soumise au protocole de la vie de salon ; et Selden se dit que c'était justement cette pointe de liberté sylvestre dans sa nature qui donnait une telle saveur à ce qu'elle avait d'affecté.


La plupart des timidités ont de semblables compensations secrètes, et Miss Bart avait assez de discernement pour savoir que la vanité intime est en général proportionnelle à la modestie affichée.


Mais la seule pensée de cette autre femme, capable à volonté de s'emparer d'un homme puis de le rejeter, sans avoir à le considérer comme un éventuel facteur favorisant ses projets, remplissait Lily Bart d'envie. Percy Gryce l'avait assommée tout un après-midi - à seulement y songer, l'écho lui revenait de sa voix monotone - mais elle ne pouvait l'ignorer le lendemain, il lui fallait donner suite à ses premiers succès, se résigner à un ennui renouvelé, être de nouveau disposée à complaire et s'adapter, le tout dans le mince espoir qu'il se déciderait peut-être, en fin de compte, à lui faire l'honneur de l'assommer à vie.


Il aurait été impossible à Mrs Peniston de faire preuve d'héroïsme sur une île déserte, mais avec les regards de son petit monde braqués sur elle, elle prenait un certain plaisir à son comportement (…)

La vie, pour elle, avait toujours été un spectacle, et son esprit ressemblait à l'un de ces petits miroirs que ses ancêtres hollandais avaient coutume de fixer à leurs fenêtres du haut, de manière à pouvoir, depuis les profondeurs d'une impénétrable sédentarité, observer ce qui se passait dans la rue.


Ce qu'elle admirait sans doute le plus en lui, était sa capacité à donner une impression de supériorité aussi évidente que l'homme le plus riche qu'elle eût jamais rencontré.


Les gens pour qui la société est une façon d'échapper au travail en font l'usage qui convient ; mais lorsqu'elle devient ce pour quoi l'on travaille, toutes les relations de la vie s'en trouvent dénaturées.


Pour Miss Bart, comme pour sa mère, se résigner à la médiocrité était une preuve de stupidité ; et il y avait des moments où, consciente de sa faculté à être et à paraître si exactement ce qu'exigeait l'occasion, elle avait presque le sentiment que les autres filles avaient choisi d'être laides et inférieures.


La chaude lueur des pierres lui réchauffait les veines à l’instar d'un vin généreux. Plus pleinement qu'aucun autre signe extérieur de richesse, elles symbolisaient la vie à laque elle aspirait, une vie toute de réserve et de délicatesse où moindre détail aurait le fini d'un bijou et l'ensemble constituerait l'harmonieuse monture du joyau de sa propre exceptionnelle beauté..


Aucun insecte ne suspend son nid à des fils aussi fragiles que ceux qui soutiennent le poids de l'humaine vanité ; et le sentiment de son importance dans un milieu insignifiant suffit pour rendre à Miss Bart la flatteuse conscience de son pouvoir. Si ces gens lui faisaient la cour, cela prouvait qu'elle occupait encore une place bien en vue dans le monde auquel ils aspiraient ; et elle ne dédaignait pas la jouissance de les éblouir par sa finesse, et de faire croître leur étonnement par d'innombrables preuves de sa supériorité.


(…) or l'instinct civilisé éprouve un plaisir plus subtil à profiter d'un adversaire qu'à le confondre.


(…) sa grâce ravalant l'élégance des autres femmes comme le subtil à-propos de ses silences rendait plus indifférents leurs bavardages. 


(…) et la présence, à cette même table, du petit Dabham, de la Chronique mondaine de la Côte d'Azur, soulignaient les idéaux d'un monde où l'ostentatoire passe pour la distinction et les échos mondains pour les annales de la gloire.


Toute la gêne fut pour Mrs Trenor et se manifesta par un mélange d'effusions exagérées et d'imperceptibles réticences. Le plaisir qu'elle affirma bruyamment éprouver à voir Miss Bart prit la forme d'un nébuleux propos général aussi dénué de questions sur son avenir que de toute expression d'un désir de la revoir. Lily, rompue à la traduction de pareilles omissions, les savait tout aussi intelligibles aux autres membres du groupe : même Rosedale, quelque émoustillé qu'il fût par l'honneur de se trouver en pareille compagnie, prit aussitôt la température de la cordialité de Mrs Trenor, la traduisant à son tour par la désinvolture avec laquelle il salua Miss Bart. Trenor, tout rouge et mal à l'aise, avait coupé court à ses salutations au prétexte d'avoir un mot à dire au maître d'hôtel ; et le reste du groupe se dispersa bientôt dans le sillage de Mrs Trenor.

Tout cela ne dura qu'un instant - le garçon, menu à la main, attendait toujours le résultat du choix entre coupe Jacques et pêche Melba - mais Miss Bart, dans l'intervalle, avait pris la mesure de son destin.


« Oh, mais je ne parle pas de votre coterie à vous, comprenez bien : un groupe assez différent, mais très amusant quand même. À dire vrai les Gormer se sont lancés dans une voie qui leur est propre : ce qu'ils veulent, c'est passer un bon moment, et en profiter à leur manière. Ils ont tâté de l'autre genre pendant quelques mois, sous mes distingués auspices, et cela marchait vraiment très bien (…) mais, soudain, ils ont décidé que toutes ces histoires les barbaient, que ce qu'ils voulaient c'était une foule au milieu de laquelle ils se sentiraient réellement chez eux (…) et tous deux aiment bien être les personnes les plus importantes à l'horizon, de sorte qu'ils ont lancé une espèce de spectacle continu qui leur est propre, une espèce de Coney Island des mondanités, où tout le monde est bienvenu à condition de faire assez de bruit et de ne pas se donner des airs. Je trouve moi-même tout cela très amusant... des gens de milieu artiste, si vous voyez, la jolie actrice du moment, et ainsi de suite. »


L'accoutumance retrouvée au luxe - s'éveiller chaque matin assurée de n'avoir nul souci matériel, d'être pourvue de tout - émoussa peu à peu la valeur qu'elle attachait à ces choses, la laissant plus consciente du vide qu'elles ne pouvaient combler.


Il se plaisait à faire comprendre aux Gormer qu'il avait connu « Miss Lily » - car pour lui elle était désormais « Miss Lily » - avant qu'ils n'aient la moindre existence mondaine ; se plaisait plus particulièrement à impressionner Paul Morpeth par l'ancienneté de leur accointance. Mais il laissait entendre que cette intimité n'était qu'une simple ride à la surface d'un flot de mondanités puissant et rapide, le genre de détente qu'un homme aux vastes intérêts et aux préoccupations multiples s'autorise à ses heures de loisir.

La nécessité d'adopter cette vision de leurs relations passées, et d'y répondre sur le ton plaisant qui prévaut entre nouveaux amis, humiliait profondément Lily (…) Avec la lente et inaltérable persévérance qu'elle lui avait toujours connue, il se frayait un chemin au travers de la masse dense des antagonismes mondains. Déjà sa fortune ainsi que le magistral usage qu'il en faisait lui avaient ménagé une prédominance enviable dans le monde des affaires, et créaient, à Wall Street, des obligations que seule la Cinquième Avenue était en mesure d'acquitter. En vertu de ces titres, son nom commençait à apparaître dans les commissions municipales et les œuvres de charité ; il paraissait dans les banquets offerts à de distingués étrangers, et sa candidature à l'un des clubs en vue rencontrait désormais une opposition de plus en plus faible. On l'avait vu une fois ou deux à des dîners chez les Trenor, et il avait appris à parler avec le ton dédaigneux qui convenait des grandes « noubas » Van Osburgh ; tout ce qu'il lui fallait à présent, c'était une épouse dont les relations abrégeraient les ultimes et ennuyeuses étapes de son ascension.


Aussi peu habituée fût-elle à la solitude, il y avait désormais des moments où elle y trouvait une occasion bienvenue d'échapper aux bruits vides de son existence. Elle était lasse de se sentir emportée par un courant de plaisirs et d'affaires où elle n'avait aucune part ; lasse de voir d'autres personnes chercher à se distraire et gaspiller leur argent, alors qu'elle n'avait pas l'impression de compter plus pour eux qu'un jouet coûteux dans les mains d'un enfant gâté.


« Quand on dit que l'amour rend les gens jaloux et soupçonneux - ce n'est rien comparé aux ambitions mondaines ! Louisa ne dormait pas de la nuit, à se demander si les femmes qui nous rendaient visite venaient me voir moi, parce que j'étais avec elle, ou elle, parce qu'elle était avec moi ; et elle me tendait constamment des pièges pour découvrir ce que j'en pensais. J'ai naturellement dû désavouer mes plus vieux amis, plutôt que de lui laisser croire qu'elle me devait la bonne fortune d'avoir fait la moindre rencontre - alors que, tout ce temps, c'était la raison de ma présence auprès d'elle, ainsi que celle du fort beau chèque qu'elle m'a signé à la fin de la saison ! »

Mrs Fisher n'était pas femme à parler sans raison d'elle-même, et l'usage de la parole directe, loin de lui interdire de recourir de temps à autre à des méthodes détournées, lui rendait plutôt, dans des moments cruciaux, le même service que les boniments du prestidigitateur lorsqu'il fait passer des objets d'une manche dans l'autre. À travers la fumée de sa cigarette, elle gardait un regard songeur fixé sur Miss Bart qui, ayant renvoyé sa femme de chambre, était assise devant sa table de toilette et secouait sur ses épaules les ondulations de sa chevelure défaite.


Cette influence, en dernière analyse, se résumait au pouvoir de l'argent : le crédit mondain de Bertha Dorset reposait entièrement sur l'invulnérabilité de son compte bancaire.


Remonter à pied la Cinquième Avenue qui déployait sous ses yeux, dans le vif éclat du soleil d'hiver, une interminable procession de luxueux équipages lui offrant, au travers des petites fenêtres carrées des coupés, la vue de profils familiers penchés sur des listes de visites, de mains pressées remettant cartes et brefs messages aux valets de pied, cet aperçu des roues en perpétuel mouvement de l'énorme machinerie mondaine fit paraître à Lily plus raide et plus étroit que jamais l'escalier de Gerty, plus morne et étriquée la vie à laquelle il conduisait.


Comparée au vaste néant doré que représentait l'existence de Mrs Hatch, la vie des anciens amis de Lily paraissait déborder d'activités programmées. Même la plus irresponsable des jolies femmes de sa connaissance avait ses obligations héréditaires, ses charités organisées, sa part dans le fonctionnement de la grande machinerie civique : et elles étaient toutes unies les unes aux autres par la solidarité de ces fonctions traditionnelles. 


Elle était bien près de le haïr, à présent, et pourtant le son de sa voix, la façon dont la lumière tombait sur ses fins cheveux bruns, celle dont il s’asseyait, se déplaçait, portait ses vêtements, elle avait conscience que mềme ces détails triviaux faisaient profondément partie de sa propre vie. En la présence de cet homme, un calme soudain s'emparait d'elle, et le tumulte de son esprit cessait…


Et, jetant un regard en arrière, elle vit que jamais elle n'avait entretenu de véritables relations avec la vie. Ses parents, eux non plus, n'avaient pas eu de racines, ballottés çà et là au gré des modes, sans existence personnelle qui pût les protéger des inconstances du vent. Elle-même avait grandi sans qu'aucun lieu de la terre lui fût plus cher qu'un autre : pas de centre des primes affections, de traditions dignes et chères, vers lequel son cœur pût se retourner et où il pût trouver force pour lui-même et tendresse pour les autres (…) Tous les hommes et toutes les femmes de sa connaissance étaient comme autant d'atomes tournoyant loin les uns des autres dans quelque folle danse centrifuge : son premier aperçu de la continuité de la vie, elle l'avait eu ce soir-là dans la cuisine de Nettie Struther.

La pauvre petite ouvrière qui avait trouvé assez de force pour rassembler les fragments de son existence et s'en bâtir un abri paraissait à Lily avoir atteint la vérité centrale de l’existence.


Du moins l'avait-il réellement aimée - avait-il été disposé à risquer son avenir sur la foi qu'il avait en elle -, et si le destin avait voulu que le moment favorable passât avant qu'ils eussent pu s'en saisir, il vit que, pour eux deux, ce moment émergeait sain et sauf des ruines de leur existence.