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lundi 28 mai 2012

« Lost in management » de François Dupuy (2011)


La coercition, c'est la production exponentielle de procédures -« process » ou « processus », de systèmes de « reporting » et d'indicateurs- les fameux « Key Performance Indicators » KPIs)-, pour ne citer que les plus en vue.
Au lieu de "motiver" les salariés, de les amener à "s'engager" pour leur entreprise, elles provoquent retrait et rébellion active ou passive (…) Mieux : le délire des processus, des reportings et des indicateurs finit par recréer des zones de liberté pour les salariés tant ils deviennent contradictoires les uns avec les autres…
(…) l’idéologie, celle du langage managérial en tout premier lieu, masque la réalité.

(…) Personne ne semble avoir une conscience claire du fait que la façon dont on évalue les dirigeants, les promeut et rémunère constitue l'un des principaux « leviers » de management.

(…) Un acteur peut adhérer à une nécessité et en rejeter les conséquences. (…) C'est d'ailleurs pourquoi les politiques de « communication » atteignent vite leurs limites. Expliquer les nécessités et certes indispensable mais n'est vraiment pas suffisant. La vraie question, celle qui est « concrète », est celle de l'anticipation : anticiper d'abord les effets réels des changements sur la vie quotidienne des acteurs, leur façon de travailler (ou de ne pas travailler !), de résoudre leurs problèmes, de gérer leurs arrangements ; anticiper ensuite à partir de là, la façon probable dont ils sont susceptibles de faire face aux contraintes qu'on veut leur imposer au nom des nécessités du marché. La question n'est alors plus celle de convaincre les uns et les autres d'accepter bon gré mal gré ce qui va se passer ; elle est de redéfinir avec les salariés un « nouveaux deal », très différent des formes traditionnelles de protection du travail, mais qui rend les transformations effectuées acceptables par tous.

(…) La dimension quasi idéologique du langage de l'entreprise, produit aussi bien par les business schools que par les grands cabinets de conseil qui, jour après jour, se donnent pour mission de reformuler en termes acceptables les nouvelles contraintes que les organisations, elles-mêmes sous pression, imposent à leurs membres.

vendredi 25 mai 2012

« Un autre regard sur le 11 septembre » de David Ray Griffin (2011)


Nous devons conclure que le vol UA175 n'a pu s’écraser sur le World Trade Center que si un ordre de non-intervention a été donné, annulant de ce fait les procédures opérationnelles normales (…)


Avant toute chose, et pour bien comprendre pourquoi le rapport du NIST (National Institute of Standards and Technology) est aussi irrecevable, il est nécessaire de savoir que le NIST n'est ni neutre ni indépendant. Il s'agit d'un organisme officiel qui dépend du ministère du Commerce. Par conséquent, lorsque le NIST préparait son rapport, il dépendait de l'administration Bush (…) En 2001, tous les dirigeants du NIST ont été formés à bien tenir compte des pressions politiques. Il n'y avait aucune chance que le personnel du NIST « enquêtant » sur ce qui s'est passé le 11 septembre, ait agi dans un esprit d'indépendance scientifique.

« Ça a explosé. Ça ressemblait à ce qu'on voit la télévision quand on détruit un bâtiment. C'était comme si ça faisait tout le tour comme une ceinture, toutes ces explosions. » Des explosions aléatoires ne peuvent pas expliquer ce phénomène, qui, dans le jargon de la démolition est ce que l'on appelle à « anneau de démolition ».
(…) près de 25 % (118/503) des membres du FDNY (Fire Department City of New York) ont témoigné de phénomènes semblables à des explosions (…)
Nous disposons pourtant de nombreux témoignages crédibles outre ceux des pompiers de New York. Par exemple, John Bussey, journaliste au Wall Street Journal, a raconté : « J'ai regardé en l'air à travers la fenêtre du bureau (…) Et j'ai vu ce qui ressemblait à des explosions parfaitement synchronisées à chaque étage (…) L'un après l'autre, du haut vers le bas, les explosions étant espacées d'une fraction de seconde, les étages ont été réduits en miettes. » (…)
Le concierge William Rodriguez, lui aussi dans la tour Nord, raconte comment, avec d'autres personnes, il a ressenti une explosion en dessous des bureaux du premier sous-sol à 8h46, juste avant que le bâtiment soit frappé par avion. Après quoi son collègue Felipe David, qui se tenait devant un monte-charge, est entré dans le bureau couvert de brûlures sur le visage et les bras en criant « Explosion ! Explosion ! Explosion ! » Rodriguez raconte : « J'ai contacté le NIST à quatre reprises sans obtenir de réponse. Finalement, lors d'une audience publique je leur ai demandé, avant qu'ils soient parvenus à leur conclusion, s'ils avaient pris en compte mes déclarations ou celle des autres survivants qui avaient entendu les explosions. Ils m’ont simplement regardé, le visage sans expression. » (…)

En effet, le NIST ne mentionne pas que certains matériaux projetés horizontalement étaient d'immenses sections de l'armature extérieure, pesant des centaines de tonnes et que plusieurs d'entre elles ont été propulsées à une distance de 150 à 180 m pour s’encastrer dans les immeubles aux alentours comme on peut le constater sur les photos et les vidéos.
Selon Dwain Deet, ancien directeur du département d'ingénieries du centre de recherche des Dryden Flight de la NASA, «les énormes parties de la structure éjectées horizontalement » sont l'un des éléments qui « ne laissent aucun doute » sur le fait que « les explosifs ont été utilisés » (…)

Si une partie de l'acier des tours a fondu, cela constituerait un indice très significatif utilisation d'explosifs. Les incendies n'ont pas pu produire ce résultat, l'acier ne commençant à fondre qu'à partir de 1480 °C, et un feu ouvert, diffus, alimenté par des hydrocarbures (dont le kérosène) ne peut pas, même dans des conditions optimales, s'élever à plus de 1000 °C.

(…) deux proches du président George Bush (un de ses frères et un de ses cousins), avaient été à la tête d'une société responsable de la sécurité du World Trade Center. J'ai aussi indiqué le témoignage de Scott Forbes qui explique que durant le week-end précédant le 11 septembre, l'électricité de la tour Sud avait été coupée pendant que « de nombreux « ouvriers » allaient et venaient à l'intérieur de la tour » (…) « les ascenseurs du côté ouest du bâtiment ne fonctionnaient plus depuis 5 ou 6 semaines et il y avait une équipe de la compagnie responsable des ascenseurs qui travaillaient sur les lieux »…

(…) la déclaration du maire Rodolphe Giuliani à Peter Jennings (…) dans laquelle il explique qu'on lui avait annoncé que « le World Trade Center allait s'effondrer. » (…) Étant donné que jamais dans l'histoire un gratte-ciel à structure d'acier ne s'était effondré (sauf dans les cas de démolition contrôlée), il est difficile d'imaginer comment l'équipe de Giuliani pouvait savoir que les immeubles étaient sur le point de s'effondrer à moins de savoir que les explosifs étaient disposés à l'intérieur.

Cependant, le WTC7 n'a pas été percuté par un avion, et les incendies ne se sont déclarés, d'après le NIST, que sur 6 des 47 étages de l'immeuble (…) Ainsi le bâtiment 7 fut le premier gratte-ciel à structure d'acier à s'effondrer à cause d'incendie ; dans toute l'histoire de l'architecture moderne, c'est aussi le seul.
(…) selon les lois de la physique, la partie supérieure du bâtiment 7 pouvait atteindre la vitesse de la chute libre, si et seulement si, l'acier et le béton de la partie inférieure avaient été préalablement dégagés, car sinon ils auraient opposé une résistance ; ainsi, seule l'utilisation d'explosifs peut expliquer un tel dégagement simultané des éléments structurels (…)
Le NIST a ainsi reconnu publiquement que son étude sur le WTC7, en admettant à la fois la réalité de la chute libre et en continuant de nier l’utilisation d'explosifs ne s'accorde pas avec les lois de la physique (…)
L'effondrement du bâtiment sur sa base, ainsi que les autres problèmes déjà soulignés, ont amené plusieurs experts à la conclusion que le WTC7 fut détruit à l'aide d'explosifs (…)
Outre les témoignages de Jennings et d’Hess rapportant des explosions le matin, plusieurs autres ont fait état d'explosion survenue plus tard dans la journée, juste avant que le WC T7 ne s'effondre à 17h20 (…)
Finalement, à 17h14, un journaliste de la BBC annonce que le bâtiment des Salomon Brothers (autre nom du WTC7) vient de s'écrouler, alors que celui-ci est toujours visible en arrière plan.
« Tout porte à croire qu'une, voire plusieurs agences de presse avait rapporté l'événement, ou au moins que quelqu'un leur en avait fait part. » (Proter). Mais pourquoi une agence de presse aurait-elle rapporté l'effondrement 30 ou même, dans le cas de CNN, 60 minutes à l'avance ?

(…) En janvier 2008, Yukihisa Fujita, membre de la Chambre du Conseil du gouvernement du Japon, au cours d’un meeting du Comité des Affaires Etrangères, dont Fujita était Président, a adressé ce discours en sachant qu'il était diffusé sur la télévision nipponne : « La tour numéro 7 faisait 47 étages (…) et s'est écroulée en 5 ou 6 secondes. C'est quasiment la vitesse à laquelle un objet tombe dans le vide (…) De même, elle tombe en conservant sa forme géométrique. Rappelez-vous qu'elle n'a pas été frappée par un avion. Vous devriez vous demander si un tour pourrait s'écrouler de cette manière à cause d'un incendie de sept heures. Voici un exemplaire du « Rapport de la Commission d'enquête sur le 11 septembre ». Un rapport publié par le gouvernement états-unien en juillet 2004, pourtant il ne mentionne pas l'effondrement de la tour dont je viens de vous parler. Elle n’est mentionnée nulle part dans ce rapport. »


Le fait que le récit de Ted Olson soit rejeté officiellement et de la plus grande importance. Sans les prétendus appels qu'il aurait reçus, il n'existe aucune preuve que le vol AA77 soit retourné en direction de Washington (…)

Comment un Boeing 757, et ses réacteurs sous les ailes, pourrait-il avoir frappé le Pentagone aussi bas sans endommager la pelouse et sans détruire les énormes bobines de fil su sol juste devant la zone d'impact ?(…)
Le réalisateur Paul Cross travaillait en post-production à Washington lorsqu'il a appris l’attaque sur le Pentagone. En se basant sur son observation de la scène cinq heures plus tard, il déclare : « Il n'y a aucun débris d'un avion commercial, la pelouse est intacte, les lampadaires, les clôtures et engins de construction sur la trajectoire de l'avion n'ont pas été touchés. » Bien que Cross soit un « patriote de longue date » qui « a toujours voté pour le parti républicain », il a réalisé un long-métrage, « Severe Visibility », dans le but d’alerter ses concitoyens sur la « mystification » que leur avait concoctée leur direction politique et militaire.
(…) le sergent Reginald Powell se souvient : « Je ne voyais pas d'avion, aucun reste d'avion. C'est comme s'il s'était désintégré en rentrant dans le bâtiment. »
Deux journalistes ayant pu pénétrer à l'intérieur ont fait des témoignages similaires. Judy Rothschald, réalisatrice de films documentaires, témoigne : « Il n'y avait ni siège ni bagage, ni quoi que ce soit que l'on trouve dans un avion ». John McWethy d’ ABC confirme : « Je suis allé tout près et j'ai très tôt observé tout ce désastre. Je n'ai pas vu d'épave d'avion. » Il ajoute que l'appareil « s'était en fait vaporisé » (…)
Donc la version officielle « n'explique pas où sont passés les 99,9 % de débris restants » (Dave Mc Gowan). « On parle d'un avion d'une centaine de tonnes. Un avion de 100 tonnes fera toujours 100 tonnes, même éparpillé en débris après avoir été percuter un bâtiment. » (Russ Wittenberg, ancien pilote de ligne).

(…) 85 enregistrements des caméras vidéos situées au Pentagone ou dans ses alentours avaient été saisi. (…) Est-il concevable que sur les 85 enregistrements, aucun d'entre eux ne pourrait donner une image plus claire de ce qui a frappé le Pentagone que les quelques vidéogrammes divulgués ? Peut-on croire que le gouvernement ne les montrerait pas si elles donnaient du crédit à la version officielle ?

(…) lorsque Le Conseil National de la Sécurité des Transports (NTSB pour National Traffic Safety Board) publie un rapport sur un crash aérien, il donne presque toujours le numéro de série de l'enregistreur de vol. Les seules exceptions entre 1991 et 2006, si l'on ne prend pas en compte les avions ne possédant pas de tels enregistreurs, sont les quatre rapports concernant les quatre vols qui se seraient crashés le 11 septembre.

La liste la plus complète des prétendus témoins comprend 152 personnes. Si certains affirment avoir vu le crash d'un avion de ligne sur le Pentagone, d'autres donnent une interprétation complètement différente (…) Par ailleurs 31 seulement fournissaient une relation explicite, réaliste et détaillée de la frappe d'un avion de ligne contre le Pentagone (…) 24 des 31 supposés témoins travaillaient soit pour le gouvernement fédéral soient pour les grands médias (…) Par exemple, Steve Anderson, responsable des communiqués chez USA Today, a déclaré que l'avion « a raclé son aile sur le sol » avant de frapper le Pentagone. Mais cela aurait créé une énorme entaille sur la pelouse du Pentagone, or comme le montrent les photographies, il n'en est rien.

L'un des quatre témoins a en fait dit que l'avion n'aurait pas frappé le Pentagone mais serait au contraire remonté au dernier moment pour passer au-dessus du bâtiment (…) L'avion se serait trouvé masqué par la fumée due à une explosion coordonnée dans l'aile numéro 1 (…)
Le C-130 dont nous avons parlé était dans les parages afin de couvrir la scène : si des gens voyaient l'avion s'éloigner au-dessus du Pentagone, on aurait très bien pu dire qu'ils avaient vu le C-130 (…)
L'un des problèmes est que la trajectoire de vol qu’indique l'enregistreur de vol passe au nord de celle nécessaire à l'arrachage des lampadaires (…)

Si les terroristes avaient voulu viser non seulement le Pentagone, mais les fonctionnaires les plus importants, il leur aurait été facile de se renseigner pour savoir où frapper. Cependant, les personnes les plus influentes du Pentagone, dans leurs bureaux pourtant, n’ont étrangement, pas été prises pour cible.

Or, d'après le rapport officiel, la spirale descendante entreprise pour frapper l’aile n°1 nécessiterait 3 minutes et 2 secondes de vol supplémentaires. Pourquoi les pirates aurait-il pris inutilement une telle décision, au risque de faire échouer leur mission ?
(…) la trajectoire suivie par l'appareil durant ces dernières minutes de vol demandait de grandes aptitudes de pilotage (…)
Un reportage du New York Times intitulé « A trainee noted for his incomptence » cite l'un de ses instructeurs qui explique qu’Hanjour, le pirate aux commandes du vol AA77, « était absolument incapable de voler »

Robin Spitzberg, ancien pilote de chasse au Vietnam, reconverti comme pilote de ligne pendant 35 ans a déclaré qu'il est « absolument impossible pour un amateur qui n'était même pas capable de diriger un Cessna » de réussir cette spirale descendante pour ensuite « s'écraser contre le mur du premier étage du Pentagone sans toucher la pelouse ».
Ralph Kolstad, qui fut un « Top Gun » de l'US Navy avant de piloter des avions de ligne pendant 27 ans a déclaré : « J'ai 6000 heures de vol sur des Boeing 757 et 767 et je n'aurais jamais pu effectuer la trajectoire qui était décrite (…) Tout cela ne tient pas debout ! » (…)

Comment un instructeur de Gaithersburg pourrait-il avoir eu une opinion aussi différente sur les capacités d’Hanjour de celles de tous les autres instructeurs qui avait travaillé avec lui ? (…) Cependant, même après des recherches poussées, on ne trouve aucun instructeur de vol portant ce nom, ni aucune preuve qu’Hanjour se soit effectivement rendu à la Congressional Air Charters. Se peut-il que la commission d'enquête, en désespoir de cause, ait tout simplement inventé cet instructeur ? (…)

Est-on censé croire (…) que les contrôleurs d’Indianapolis, dont le rôle est de suivre le trafic aérien, n'en avait aucune idée 30 minutes plus tard ?

Peut-on sérieusement penser que le Service Secret n'aurait pas alerté les militaires tout en sachant que des avions détournés se dirigeaient vers la capitale du pays ?

(…) le récit de Rumsfeld est complètement absurde : il explique qu'après avoir appris la seconde frappe sur le World Trade Center, il serait resté dans son bureau pour son briefing avec la CIA sur des sujets divers pendant 35 minutes, jusqu'à ce que le Pentagone soit attaqué.

Pour justifier l'absence d'avion disponible pour protéger Washington, les militaires ont déclaré qu’Andrews n'avait aucun chasseur en alerte, ils ont alors modifié un site Internet qui indiquait le contraire (…)
Paul Hellyer, ancien ministre de la Défense du Canada à demandé : « Pourquoi a-t-on fait tourner des avion en rond pendant une heure et demie au lieu de faire décoller des chasseurs à partir d’Andrews ? (…) Ils auraient dû être sur place en cinq ou dix minutes. »

(…) Cheney était présent dans le PEOC pendant 45 minutes cruciales, pendant lesquelles le Vice-président semble avoir confirmé un ordre de maintien au sol.

(…) Les responsables ont dit que les contrôleurs avaient averti le NORAD (North American Aerospace Defense Command), mais que les militaires n'ont pas réagi car ils avaient « l'ordre de rester au sol. » (…) Un peu plus tard, ils ont dit que l'ordre avait été donné « du plus haut niveau à la Maison-Blanche » (…) Le « plus haut niveau à la Maison-Blanche » signifie probablement Cheney, puisque Bush n’étant pas présent, il était le plus haut responsable.

Le capitaine LaPonda Fitchpatrick de la police de l'aéroport de Los Angeles, qui est responsable de la sécurité sur la zone de l'aéroport a répondu que les responsables de la sécurité de l'aéroport étaient bel et bien au courant que le 11 septembre était un coup monté (selon Charles E. Lewis, qui a travaillé sur les systèmes de sécurité de l’aéroport de Los Angeles).

L'affirmation selon laquelle le Pentagone n'était pas au courant qu'un appareil se dirigeait dans sa direction est encore plus mise à mal par une découverte récente. En effet, à ce moment-là, un E-4B, un avion militaire équipé d'un centre de commandement et de communication extrêmement sophistiqué, volait au-dessus de Washington (…) Si l'on savait qu'un E-4B survolait la Maison-Blanche, à quelques kilomètres du Pentagone, l'affirmation selon laquelle personne au Pentagone n'était au courant qu'un appareil se dirigeait vers le bâtiment apparaît alors purement invraisemblable. (…)
Cette vidéo montre que l’E-4B survolait déjà Washington environ 2 minutes et 20 secondes avant la frappe sur le Pentagone

Galope, employée comme assistante administrative au bureau exécutif de l'armée de Terre (…) reprenait son travail le 11 septembre au matin après un congé de maternité de deux mois. Elle avait emmené avec elle son petit garçon, Elisha, et s'apprêtait à le conduire à la garderie. (…) « Je n'avais pas de kérosène sur moi. (…) Je n'ai vu aucun siège d'avion. Je n'ai vu aucun morceau d'avion. (…) Je n'ai rien vu qui puisse faire penser que c'était un avion. (…) Je n'ai rien vu sur la pelouse. (…) Je n'ai vu aucun bagage, ni morceau de métal. » (…) Elle pensait que son ordinateur avait déclenché une bombe.

(…) Plusieurs témoins ont déclaré avoir senti une odeur de cordite, une substance utilisée pour fabriquer certaines bombes et dotée d'une odeur très particulière, totalement différente de celle du kérosène. L'un de ces témoins est Gilah Goldsmith, avocate au Pentagone. Après avoir entendu un « bruit très puissant mais bref », elle a vu « un gros nuage de fumée noire », et elle ajoute que ça sentait la même odeur que la cordite ou la poudre d'une balle de fusil (…)

Il est intéressant de noter qu'un nombre important des 125 victimes de l'attentat au Pentagone était non pas des militaires, mais des civils, dont beaucoup travaillaient pour les services comptables (…)
Lors d'une conférence de presse qui se déroulait la veille des événements, Rumsfeld, le ministre de la défense, a déclaré que le Pentagone avait perdu la trace de 2300 milliards de dollars.
(…) l’une des parties les plus endommagées comprenait les bureaux de contrôle et de la gestion des comptes financiers du Pentagone. (…)
Civil employé en tant que contrôleur des comptes, Michael Nielsen travaillait au service de la gestion du secteur financier de l'armée. Il a survécu probablement parce qu'il était reparti dans son propre bureau (provisoire) juste avant l'attaque qui a tué la plupart des personnes présentes dans les bureaux du service de gestion. Lorsque Honegger a demandé à Nielsen s'il pensait que ce service pouvait avoir été la cible de l'attaque à cause de l'argent disparu, il a répondu par l'affirmative et Honegger raconte qu'il a ajouté que les données ont été détruites.
(…) Si le Pentagone a été attaqué sur ordre du général Richard Myers et d'autres officiers de l'armée de l'Air, ils n'ont pas visé leur propre personnel : toutes les victimes faisaient partie de l'armée de Terre ou de la Marine, ou travaillaient pour elles.

(…) « aucune alarme n'a retenti », même après que des gens aient crié qu'une bombe avait explosé. April Gallop a particulièrement insisté sur l'absence d'alarme (…) Elle se souvient que c'était très étrange, car avant le 11 septembre, il y avait de temps en temps « des exercices au cours desquels l'alarme retentissait pour que l'on évacue le bâtiment ». Elle explique même avoir été « agacée par la fréquence de ces exercices d'évacuation ». Mais, « ce jour-là en particulier, aucune alarme ». C'est particulièrement étrange, ajoute-t-elle, « en sachant ce qui venait de se produire au World Trade Center ».

Lon Rains, rédacteur en chef de Space News, alors qu'il se dirigeait vers le nord sur la I-395 raconte : « la circulation avançait au pas devant le Pentagone (…) qui se trouvait sur la gauche de mon véhicule (…) A ce moment, j’ai entendu un bruit très puissant, c’est passé en trombe. Ce bruit est parti de derrière moi et s’est arrêté devant moi sur ma gauche. En une fraction de seconde, j’ai entendu l’impact et une explosion (…) J’étais sûr que c’était un missile. C'est arrivé avec une telle rapidité que le bruit était tout sauf celui d'un avion.»

Pourquoi aurait-on considéré le Pentagone comme le bâtiment le mieux défendu au monde si, contrairement à la Maison-Blanche, il ne possédait pas de défenses anti-aériennes ?

(…) Étant donné la technologie de l'époque, en 2001, il est impossible, ou presque, de communiquer depuis un téléphone portable à partir d'un avion volant à haute altitude, (la plupart des appels émis depuis le vol UA93 auraient été effectués à une altitude comprise entre 10 450 m et 12 400 m).
(…) A.K. Dewdney, un mathématicien canadien qui écrit régulièrement pour le magazine Scientific American, (…) explique qu'à 6000 m d'altitude, « il n'y avait qu'une chance sur cent qu’un téléphone cellulaire établisse le contact avec un relais et réussisse à entrer en liaison avec un autre téléphone cellulaire. (…) La probabilité que deux téléphones y arrivent est inférieure à un pour 10 000 ». La probabilité que 9 appels aboutissent depuis cette altitude est, dit-il, « infinitésimale ».(…)
Un gros avion de ligne, de masse bien plus grande, est encore mieux isolé des signaux.

Jack Grandcolas, en parlant d'un appel qu’il dit avoir reçu de sa femme Lauren, décrit ce qu'il entendait : « C'était très calme dans l'avion. Personne ne criait, elle semblait calme. »
Liz Glick décrit l'appel qu'elle explique avoir reçu de son époux, Jeremy : « Il était tellement calme, c'était si calme dans l'avion que si je n'avais pas suivi des informations à la télé, je ne l'aurais jamais cru. (…) J'ai été étonnée par la quiétude qui régnait. Je n'entendais personne crier. Je n'entendais aucun bruit, ni aucune agitation. »
Kathy Hoglan, la tante de Mark Bingham, l'un des passagers, expliquait qu'il était « calme, s'exprimant dans ton très neutre ». (…) Kathy Hoglan a dit à sa belle-soeur Alice : « Viens parler à Mark, son avion a été détourné. » lorsqu'Alice a pris le combiné et dit : « Allô, Marc », la personne a répondu : « Maman, c’est Mark Bingham». Est-ce  que quelqu'un, même en situation de stress, s'adresserait à sa mère en lui donnant nom et prénom, surtout après que ceci ait déjà prononcé son prénom ?
Esther Heynam explique avoir reçu un appel de sa belle-fille Honor Élisabeth Wainio. Elle le décrit en précisant qu’ « Élisabeth est restée remarquablement calme tout le long de la conversation ». D’après le journaliste Jere Longman du New York Times : « Esther n’entendait personne d'autre. Elle n'entendait personne parler, pleurer, crier ou même gendre. Rien du tout. » (…)
(…) Lorsque Deena lui explique que les enfants voudraient lui parler, il lui répond : « Dis-leur que je leur parlerai plus tard ». (…) Peut-on croire que plutôt que de vouloir parler à ses enfants peut-être pour la dernière fois, il aurait demandé à sa femme de leur dire qu'il leur « parlerait plus tard » ? N’est-il pas plus probable que « Tom » ait dit cela afin d'éviter de montrer qu'il ne savait rien d’eux, même pas leurs prénoms ?

Un photographe d'un journal local a rapporté : « Je ne pensais pas que j'étais au bon endroit (…) J'ai cherché les indices de la présence de l'empennage, des ailes de l'avion, de métal. Il n'y avait rien. » Un secouriste a expliqué : « Il n'y avait rien de ce à quoi on s’attend normalement. Quand un avion s'écrase, il y un avion et il y a des victimes. »
(…) Le vol UA93 était censé contenir 140 000 litres de kérosène au moment du crash (…) Aucune trace de carburant. (…) Aucune odeur de carburant. Aucun signe d'un incendie important. Enfin, le plus étrange, c'est le fait qu’il semble y avoir eu deux sites de crash.

(…) Bien que la FAA (Federal Aviation Administration) ait su depuis 9h32 que le vol UA93 était sous le contrôle de pirates de l'air armés d'une bombe, les responsables n'auraient pas alerté les militaires avant 10h07 (soit 35 minutes plus tard !), une fois que l'avion s'était écrasé (…)
L'affirmation de la commission selon laquelle les militaires n'étaient pas au courant du détournement du vol UA93 avant qu'il ne s'écrase est peu vraisemblable pour plusieurs raisons. Cette version implique un comportement très peu plausible de la part des responsables de la FAA. Elle implique également que les responsables militaires auraient menti de façon irrationnelle et incompréhensible. Enfin, cette version contredit à la fois les témoignages des responsables de la FAA, de l'armée et de la Maison-Blanche.

Par ligne sécurisée, le Vice-président Cheney a donné l'autorisation aux militaires d'abattre tout appareil menaçant Washington. (…) Selon le colonel Robert Marr, chef du centre opérationnel du NORAD (…) le fait que l'autorisation de tir à bel et bien été transmise aux pilotes de chasse est confirmée par trois d'entre eux dont le lieutenant Anthony Kuczynski, qui a témoigné que lui-même ainsi que deux autres pilotes de F-16 avaient « reçu l'ordre direct abattre un avion de ligne (le vol UA93) ».
(…) Trois employés de la NSA (National Security Agency) ont confirmé que le vol UA93 « a été abattu au-dessus de la campagne de Pennsylvanie par des chasseurs de l'US Air Force partis de la base d’Andrews, dans le Maryland ».

(…) Ils auraient dû supposer que le président pouvait représenter une cible potentielle, et donc qu'un avion détourné aurait très bien pu être précipité sur l'école à tout moment.

Dans un article du 22 septembre 2001, intitulé « Un des pirates de l'air toujours en vie au Maroc », David Bamford, de la BBC, a été clair sur le fait que l'homme portant ce nom, identifié par le FBI comme étant l'un des pirates, était toujours en vie (…) Néanmoins, la commission a admis la liste des pirates fournis par le SBI, tient qui incluait al-Shehri. Elle déclare même qu'il a probablement poignardé une des hôtesses de l'air du vol AA11.
(…) un musulman radical ne se soûle pas et ne sort pas dans un club de strip-tease en espérant se rendre au paradis (…) Il est incompréhensible qu'une personne puisse boire et aller dans un bar de strip-tease la veille du jour où elle va se tuer au nom de l'islam…
La Commission dissimule également le fait (…) que Atta avait vécu avec une strip-teaseuse du nom d’Amanda Keller à Venice, sur la côte ouest de la Floride début 2001. (…) Hopsicker décrit le premier rendez-vous entre Atta et Keller comme une « soûlerie orgiaque saupoudrée de cocaïne pendant trois jours à Key West, très éloigné d'une quelconque dévotion islamique ».
(…) Les documents retrouvés dans les bagages d’Atta qui n'auraient pas été embarqués dans le vol AA11, semblent avoir été déposés là intentionnellement. (…) La navette est arrivée une heure avant le départ prévu du vol AA11. Pourquoi alors, les bagages d'Atta ne furent-ils pas chargés dans le vol AA11 ?

La Commission n’a pas non plus révélé que l’envoyé spécial du Président Bush en Afghanistan, Zalmay Khalizad, et le nouveau Premier ministre du gouvernement qui succéda aux Taliban, Hamid Karzai, avaient tous deux travaillé pour Unocal (…)
(…) le Projet pour un Nouveau Siècle Américain (PNAC), un groupe de réflexion néoconservateur dont plusieurs membres firent ensuite partie de l'administration Bush dont Dick Cheney, Zalmay Khalilzad, Richard Perle, Donal Rumsfeld, Paul Wolfovitz…
(…) Non contente de passer sous silence ce qui concerne l'Irak dans le document du PNAC, Reconstruire les Défenses de l'Amérique, la Commission d'enquête tait aussi son passage le plus célèbre : celui ou les néoconservateurs indique qu'un « nouveau Pearl Harbor » aiderait à mener à bien le plan qu'ils proposent. (…)
Le 11 septembre a été décrit comme une « opportunité » par plusieurs membres de l'administration Bush, le Président déclarant lui-même que les attentats avaient fourni « une grande opportunité », et Rumsfeld ayant expliqué qu'ils avaient créé « le genre d'opportunités qu'avait offerte la seconde guerre mondiale, celle de refaçonner le monde ». (…)
Le général Wesley Clark a aussi rapporté cette intention d'une manière un peu différente, en déclarant qu'un général trois étoiles du Pentagone lui avait dit fin 2001 que le Pentagone allait « s'emparer de 7 pays en 5 ans », en commençant par l'Irak, en passant par la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie et le Soudan, et en finissant par l'Iran.
(…) Les trois hommes qui ont préconisé, publiquement et avec insistance, de développer les capacités de mener une guerre depuis l'espace, Rumsfeld, Myers et Eberhart (respectivement ministre de la Défense, Général d'armée aérienne et Vice-président du Comité des Chefs d'Etat-major interarmées, et commandant du NORAD) sont également ceux qui auraient été les plus directement impliqués dans un éventuel ordre de non-intervention le 11 septembre.

Andreas von Bülow, ancien Secrétaire d'État à la Défense de l'Allemagne de l'Ouest l’affirme : « C’est inimaginable sans une longue complicité secrète de l'État et des agences ».
Horst Ehmke, ancien ministre de la Recherche et de la Technologie en Allemagne de l'Ouest, assure : « Des terroristes n'ont pas pu mettre en œuvre une telle opération impliquant quatre avions détournés sans l'aide des services secrets ».
Le général Léonid Ivashov, qui était alors chef d'état-major des armées de Russie, analyse : « Seuls des services secrets et leurs responsables - ou d'anciens responsables ayant conservé une influence à l'intérieur des structures étatiques - sont capables de planifier, d'organiser, et de mettre en œuvre une opération d'une telle ampleur. (…) Oussama Ben Laden et « al-Qaïda » ne peuvent être ni les organisateurs ni les exécutants des attentats du 11 septembre. Ils n'en ont pas les moyens en termes d'organisation, de ressources ou de dirigeants. »
D'après Mohamed Hassanein Heikal, ancien ministre des Affaires étrangères d'Égypte :
«Lorsque j'ai entendu Bush parler d'al-Qaïda comme s'il s'agissait de l'Allemagne nazie ou du parti communiste de l'Union soviétique, j’ai eu un fou rire car je sais de quoi il est question. Ben Laden et sous surveillance depuis plusieurs années : tous ses coups de téléphone étaient enregistrés et al-Qaïda s'est trouvée infiltrée par les services de renseignements américains, pakistanais, saoudien, égyptien. »
Pour le général Mirza Aslam Beg, ancien chef d'état-major de l'armée pakistanaise : « Beaucoup d'entre nous, ici, pensons qu’Oussama ou son organisation al-Qaïda ne sont pas responsables des attentats du 11 septembre. (…) Ben Laden et al-Qaïda n’ont pas le savoir-faire ou les capacités d'organiser ce genre d'opération exigeant une coordination exemplaire et nécessitant à la fois de grandes compétences et des informations précises. »

(…) Le virement de 100 000 $ à Mohamed Atta effectué par un agent de l'ISI à la demande du général Ahmad…
(…) selon plusieurs membres de la Commission, on avait découvert des preuves que le Pakistan et l'Arabie Saoudite avaient joué un rôle dans l'opération.
(…) Enfin, la commission n'estime pas non plus utile de parler du fait qu'un autre Pakistanais, Rajaa Gulum Abbas semblait savoir dès 1999 que les Tours Jumelles allaient s'effondrer.
En évitant d'évoquer chacun de ces points, la Commission d'enquête recommande finalement, avec le plus grand sérieux, de maintenir « le niveau actuel d'aide au Pakistan ».
Accessoirement, l'administration Bush n’a pas simplement maintenu le niveau d'aide au Pakistan tel qu'il était avant le 11 septembre, elle l’a augmenté de manière astronomique. Le Pakistan recevait seulement environ 3 millions de dollars d’aide militaire par an (c'est-à-dire moins que l'Estonie ou le Panama). Mais ensuite, le Pakistan a commencé à recevoir plus de 1,5 milliards de dollars par an (plus que n'importe quel autre pays excepté Israël et l'Égypte), et cela uniquement en aide militaire. Le montant total des aides que les États-Unis ont envoyées au Pakistan depuis les attentats jusqu'à 2007 s’élève à plus de 10 milliards de dollars, peut-être même deux fois plus si l'on inclut les aides secrètes.
(…) un article du New York Times, de décembre 2007, paru seulement trois jours avant l'assassinat de Benazir Bhutto, confirme que tous ces équipements militaires ne servaient pas à combattre al-Qaïda ou les talibans.

Ainsi, si le 11-septembre a en partie été orchestré dans le but de faire grimper les budgets militaires, ce fut un grand succès.

(…) L'enquête de la commission était dirigée par Philippe Zelikow et donc en fait, par l'administration Bush elle-même. (…) La « Commission Zelikow » a simplement considéré comme vraie la version de l'Administration Bush. (…) Ils sont partis de la conclusion selon laquelle le 11 septembre représente « l'opération la plus réussie d'al-Qaïda ».
Kean et Hamilton vont jusqu'à reconnaître que les conclusions de la Commission était posées dès le départ (…) les travaux de la Commission débutaient à peine que les deux présidents s'étaient mis d'accord avec Zelikow et May (…) pour cacher aux quelques 80 membres de l'équipe que leur travail serait limité et consisterait à remplir les paragraphes menant aux conclusions rédigées avant même le début de l'enquête.
« Zelikow s'était arrangé pour que l'équipe de travail ait très peu, voire aucun contact avec les dix membres de la Commission ; toute information passait par lui, et il décidait de ce qu’on en ferait (…) Zelikow a réécrit quasiment tout ce qui lui avait été transmis, en général de la première à la dernière phrase ». (Shenon)

Zelikow se trouve être le rédacteur principal de la version 2002 du document « The National Security Strategy of The United States of America » (…) Condoleezza Rice avait confié la tâche à son collègue de longue date Philip Zelikow (…) Sa rédaction du NSS 2002 est importante, car ce document se fonde sur le 11-septembre pour définir une nouvelle doctrine d’attaque, dite « préventive » et à visée impériale, depuis longtemps appelée de leurs vœux par les néoconservateurs. (…)
Lorsque les membres du personnel de la Commission ont appris que Zelikow était l'auteur principal du UNSS 2002, beaucoup furent stupéfaits. C'était assurément son conflit d'intérêts le plus grave en tant que directeur de l'enquête.

L’implication de Zelikow dans la rédaction du NSS 2002 signifie que lorsque la Commission enquêtait sur la responsabilité de la Maison-Blanche dans le 11-septembre, c'était la Maison-Blanche qui enquêtait sur elle-même (…)

En 1998 Zelikow avait écrit un essai sur le « terrorisme de catastrophe ».
Non seulement ce document étonnant évoque une nouvelle catastrophe qui aurait les mêmes effets que l'attaque japonaise sur Pearl Harbor, mais il est également question d'un nouvel attentat contre le World Trade Center. Ce texte prédit aussi avec justesse que de cette nouvelle catastrophe résulterait une rupture entre « un avant et un après ». (…) De même, est décrite par le menu la batterie de mesures liberticides (ou « draconiennes ») que le gouvernement serait amené à prendre au lendemain des attentats. Zelikow et ses coauteurs ont anticipé les effets d'un « nouveau Pearl Harbor », avec une remarquable exactitude.

(…) Le deuxième élément que Zelikow a évité de mentionner dans son CV conserve son aide à la transition entre les Administrations Clinton et Bush, à la demande de Condoleezza Rice.
(…) Kean et Hamilton ont laissé Zelikow écrire son propre communiqué de presse, qui « oubliait » de mentionner les éléments compromettants dont ils connaissaient pourtant une partie.

(…) Après avoir demandé la révocation de Zelikow en 2003, le Comité Directeur des Familles de Victimes rendit public ce communiqué de presse le 20 mars 2004 : « Il est évident que le Dr Zelikow n’aurait jamais dû être autorisé à siéger en tant que Directeur exécutif de la Commission. (…) Il est manifeste que ses conflits d'intérêts vont au-delà de ceux concernant la période de transition. (…) Le Comité Directeur des Familles demande : 1/ la démission immédiate du Dr Zelikow (…) 4/ que la Commission présente des excuses aux familles des victimes ainsi qu'à l'Amérique entière pour cette faute évidente qu’est le choix du Dr Zelikow pour ce poste. »

Les enregistrements du NORAD ont montré que les déclarations publiques du NORAD concernant la réaction des militaires sur le 11 septembre étaient fausses, sans doute intentionnellement.
(…) Ainsi, Cambone, en sa qualité de Sous-secrétaire à la Défense pour le Renseignement, aurait pu transmettre les enregistrements à la DIA, en leur expliquant comment les « arranger » » afin de montrer que les militaires n'avaient aucune responsabilité. Au lieu de révéler que la FAA n'avait rien à se reprocher, comme aurait dû (c'est une hypothèse) le montrer les enregistrements originaux, des enregistrements modifiés établiraient alors que la FAA était entièrement responsable, coupant court à tout ce qui pourrait laisser penser que les militaires n’étaient, volontairement, pas intervenus.

(…) un sondage de l’institut Zogby de mai 2006 indique que 42 % des Américains pensent que des éléments contredisant la version officielle ont été dissimulés par la Commission d'enquête. Seulement 48 % estiment que l'on n’a rien cherché à cacher. (…) À mesure que les gens s'informaient sur le 11-septembre, ils prenaient de plus en plus de distance par rapport à la version de la Commission…

(…) Francesco Cossiga, ancien Premier Ministre et Président italien, a déclaré que le 11 septembre avait été organisé et perpétré par la CIA « pour en accuser à tort les pays musulmans et persuader les puissances occidentales d'attaquer l'Irak et l’Afghanistan. »


lundi 2 avril 2012

« La force de l'ordre- Une anthropologie de la police du quartier » de Didier Fassin (2011)



Le thème des « zones de non-droit » que la police ne pourrait pénétrer et où il s'agirait de reprendre pied est, à de rares exceptions près, bien moins une description de la réalité qu'une formule de ralliement s'appuyant sur un imaginaire à la fois de danger et de reconquête.
Dans la circonscription où j’ai conduit ma recherche, la police allait sans problème partout où elle voulait - et du reste bien plus souvent dans les cités réputées difficiles qu'ailleurs-, mais le discours des « quartiers » qu’il ne fallait pas abandonner aux « voyous » n'en continuait pas moins de circuler comme si la défense des « territoires de la République » pouvait servir d'argumentaire pour « pacifier » les quartiers.

Pour lui, comme pour nombre de ses collègues, travailler en banlieue, c'était opérer en terrain hostile dont les habitants étaient vus comme des ennemis qui ne manqueraient pas une occasion de les agresser. S'il leur arrivait en effet, plutôt exceptionnellement, de se faire « caillasser » par des jeunes, ils savaient qu'ils pourraient revenir en nombre exercer des représailles qui affectaient l'ensemble du quartier. Leur hiérarchie avait bien du mal à les en empêcher, pour autant qu'elle eût vraiment le désir de le faire.

Ainsi, le 18 février 2008, à 6h du matin, plus de 1000 agents des forces de l'ordre, dont des policiers de l'unité Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion (RAID) étaient mobilisés pour interpeller à Villiers-Le-Bel 37 personnes soupçonnées d'avoir jeté des pierres et pour cinq d'entre elles, tiré à la chevrotine en direction de la police, quelques mois plus tôt, lors d'affrontements consécutifs à la mort de deux adolescents renversés par un véhicule des forces de l'ordre en patrouille. L'occupation massive du quartier au petit matin par des hommes vêtus de noir et lourdement harnachés, casqués et armés, était suivie et filmée par une trentaine de journalistes secrètement prévenus de l'intervention, et autorisés à accompagner les policiers jusqu'au domicile des personnes interpellées. Comme le raconte un commissaire qui avait été parti prenante de cette opération , pour faire bonne mesure, les unités d'élite spécialisées dans la lutte contre le grand banditisme enfonçaient les portes des appartements des individus recherchés sous le regard terrorisé d'enfants brutalement tirés de leur sommeil, une pratique dont la nécessité ne lui apparaissait pas évidente puisqu'il me faisait remarquer que les autres équipes, certes moins expertes mais non moins efficaces, recourraient à une procédure plus banale consistant à sonner ou frapper en attendant qu'on leur ouvrit.

Si des études démographiques montrent que les 4/5ème des gardiens de la paix ont passé leur enfance à la campagne ou dans des villes modestes de province, les conséquences de cette sociologie sont encore plus perceptibles dans les commissariats de la périphérie de Paris qui correspondent souvent à une première affectation - non désirée – après l'école.
Tous ceux avec qui j'ai eu l'occasion d'en parler ont expliqué que les enseignants leur dépeignaient presque systématiquement la banlieue comme un monde hostile.
(…) même affectés pendant plusieurs années en ce commissariat de la périphérie parisienne, ils n'y habiteraient pas, préférant revenir dans leur région pour leur congés hebdomadaires.
« La police, c’est les immigrés de l'intérieur contre les immigrés de l'extérieur » : cette formule saisissante est prononcée par un commissaire évoquant ces jeunes provinciaux qu’on lui envoyait pour affronter les jeunes des minorités.

Les « zones les urbaines sensibles » (ZUS) regroupent 4,15 millions d'habitants, auxquels s'ajoutent les 3,8 millions de personnes résidant dans des quartiers inscrits dans des «contrats urbains de cohésion sociale», soit au total près de 8 millions d'individus, représentant un Français sur 8 en métropole.
La proportion d’étrangers vivant dans les ZUS est trois fois plus élevée que parmi la population résidant sur le territoire français. Pour les quartiers en difficulté l'Île-de-France, leur concentration est presque 5 fois supérieures au reste de la France.
(…) une femme née de parents étrangers a quatre fois moins de chances d'avoir un emploi si elle habite une ZUS que si elle réside ailleurs.

(…) D'une manière générale, les diverses sources montrent que les homicides sont en constant et sensible recul sur une longue période et notamment au cours des trois dernières décennies ; que les agressions sont relativement stables depuis un quart de siècle, l'augmentation des coups et blessures déclarés par la police et la gendarmerie étant liée essentiellement à un élargissement des critères de caractérisation ; enfin que les vols connaissent également une baisse régulière et significative… Depuis le milieu des années 1980 (…) la préoccupation et la peur face à la délinquance, qui s'expriment plus fortement dans ces quartiers, sont associées non pas à un excès objectivable d’atteinte aux biens ou aux personnes mais principalement à la dégradation de leurs équipements publics et à la perception de leur mauvaise image.

Comme le montre le lien entre la préoccupation et la peur de la délinquance, d'une part, la dégradation des équipements et la perception de la stigmatisation plutôt que la fréquence des délits, d'autre part, le problème relève de ce qui a été théorisé aux États-Unis sous la formule de la « vitre brisée » : lorsque les pouvoirs publics laissent détériorer certains éléments de l'environnement, ce sont très vite d'autres dommages et déprédations qui ont lieu et, bien plus que la réalité du danger, c'est ce désengagement qui génère les anxiétés sociales. L'insécurité ressentie par la population qui vit dans ces quartiers est la conséquence de l'abandon de l'État social. Le remède qui consiste à lui substituer un Etat sécuritaire n'a que peu d'effet sur la plupart des délits les plus gênants, à commencer par la dégradation de biens dont le taux d'élucidation est très faible, et renforcent en revanche l'impression de stigmatisation et la réalité de la discrimination dont les habitants de ces quartiers souffre déjà.

On trouve certes dans les commissariats de banlieues quelques policiers issus des départements d'outre-mer ; en revanche, ceux d'origine maghrébine ou subsaharienne demeurent rares, voire absents de certains services…
Les forces de l'ordre intervenant dans les banlieues sont constituées pour l'essentiel d'homme blanc auquel on a confié la mission de pacifier les quartiers décrits comme une «jungle» où vivent principalement des individus d'origine africaine qu’on leur a présentés comme des « sauvages », deux termes qui reviennent également souvent dans les propos des policiers pour nommer les cités et leurs habitants.

(…) La hiérarchie savait ce qui se passait sur le terrain (…) mais n'en considéraient pas moins que la BAC rendait des services en imposant leur loi par la peur - autrement dit, qu'elle était un mal nécessaire (…) une brigade de policiers généralement en civil (…) principalement dédiée à la police des quartiers en difficulté. La BAC de nuit a été créé en 1994 et la BAC de jour en 1996, au moment où les questions de sécurité publique étaient redéfinies par Charles Pasqua, alors Ministre de l'intérieur. (…) C'est ainsi que les contrôles d'identités dits préventifs, c'est-à-dire sans même la suspicion de délit, ont été autorisés (…) Les BACs représentent le bras armé d’une politique qui se met en place au milieu des années 1990, déployant un double dispositif policier et pénal dont la cible est constituée par les ZUS, à la croisée des questions d'immigration et de délinquance, que le discours public associe désormais systématiquement.
Ainsi un insigne que c'est choisi l'unité de Courbevoie montre-t-il, sur fond d'un drapeau tricolore, les barres d'une cité stylisée prise dans l’optique de la lunette de visée d'un fusil…
« Les jeunes n'ont pas peur de la police dans la voiture sérigraphie », m’expliquait un représentant syndical au niveau national. « Mais ils ont peur des policiers de la BAC…»
La dureté était en effet un qualité requise dans l'unité avec laquelle j'ai travaillé, et la plupart de ses membres n'en manquaient pas (…) Les recrutements étaient volontaires (…)
(…) les compétences en matière de procédure judiciaire n'étaient en revanche pas prise en considération ; or, de l'avis unanime de leurs supérieurs, c'est précisément sur ce point que le travail de ces unités s'avérait particulièrement problématique, puisque nombre de leurs procès-verbaux ne permettaient pas d'éventuelles poursuites en raison des fautes commises dans leur enregistrement.
Le tableau dramatique qui est fait de l'insécurité et l'escalade permanente qui oppose les partis sur cette question nient l'évidence statistique qui montre au contraire un constant recul de la délinquance et de la criminalité, à quelques exceptions près, et même, pour un certain nombre de délits, une moindre fréquence dans les ZUS que dans les grandes agglomérations correspondantes.

(…) il semble donc que la proportion des sollicitations par les habitants sur l'ensemble des interventions de police soit plus élevée aux États-Unis, tandis qu'au contraire la moindre demande citoyenne en France a pour effet de laisser une part plus importante aux initiatives policières, s'exprimant dans le nombre élevé d'individus contrôlés au volant dans la rue. (…) Quoi qu'il en soit, l'activité réelle de la BAC est bien éloignée de la mission qui lui a été confiée et du monde imaginaire qu’elle s’est inventée. Circulant dans les rues calmes et les quartiers tranquilles, les policiers attendent des rares appels qui s'avèrent presque toujours vains, soit parce qu'il s'agit d'erreurs ou de plaisanteries, soit parce que les équipages arrivent trop tard ou font échouer leur affaire par leur maladresse, soient enfin qu’il n'y a pas matière à interpellation. C'est dire qu'ils font un travail très différent des aspirations qui les avaient conduits vers ce métier et les images qu’en donnent leurs héros au cinéma.

(…) sillonner la ville en voiture sans objectif précis en attendant des appels ne se justifiait ni pour lutter contre les délinquants des criminels ni même pour assurer les résidents par une présence visible (…)
Augmenter le nombre de policiers ne réduit pas forcément le taux de criminalité ni n'augmente nécessairement la proportion de crimes résolus (…) Les voitures patrouillant avec deux agents sont pas plus efficaces en termes de délinquance et d'arrestations ni ne donnent lieu à moins de blessures parmi les policiers que celles n'ayant qu'un fonctionnaire à bord.

Que la loi vienne après l'ordre (…) j’en avais des preuves fréquentes dans la satisfaction que manifestaient les membres de la BAC lorsqu'il découvre un nouveau point de droit leur permettant de piéger ceux auxquels ils avaient envie de donner une leçon…
Cette connaissance anecdotique du droit pouvait ainsi servir aux policiers à faire la loi, si l'on peut dire, plutôt qu'à l'appliquer.
(…) Le cas de l'infraction à la législation sur les stupéfiants semble à cet égard instructif.
(…) La sévérité en la matière n'était certes pas systématique avec les jeunes de milieux populaires mais elle était constamment absente à l'égard des jeunes de classe moyenne.
(…) la loi servait moins à appliquer le droit qu'à rappeler chacun a l’ordre social.

Il m'expliqua que le major avait demandé à chaque équipage de « faire trente interpell’ » par mois » - un objectif qui, compte tenu de la réalité de la délinquance, était quasiment impossible à atteindre.
Faire du chiffre impose donc de résoudre cette double équation de la diminution de la délinquance et de l'irrégularité des élucidations. La solution logiquement trouvée par les policiers, c'est de compléter leur prise en rapport avec (…) les infractions à la législation sur les stupéfiants (ILS), et les infractions à la législation sur les étrangers (ILE), autrement dit des « chiteux » et des « sans-papiers ».
En ce qui concerne les ILS, il ne s'agit toutefois pas d'arrêter des trafiquants (…) Les unités de sécurité publique ont même souvent pour consigne de les laisser tranquille pour ne pas gêner le travail de leurs collègues. Les IIS concernent donc des usagers (…)
« Moi, je suis entré dans la police pour attraper des voleurs. Je me rends compte que ce qu'on fait, ça ne sert à rien. Tout ce qui compte, c'est de faire du chiffre. »

Parmi les centaines de contrôles d'identité auquel j'ai assisté, pratiquement les seuls au cours desquels les personnes ont eu des comportements insolents concernaient des jeunes des classes moyennes ou supérieures, des étudiants notamment, qui, à l'évidence, n'avait pas l'expérience de ce type de situation et paraissaient méconnaître les possibles conséquences de leur conduite. Toutefois, dans aucun de ces cas, au demeurant peu nombreux car ce public faisait rarement l'objet de telles procédures, les policiers ne recherchaient l'escalade pour susciter une situation pouvant être ultérieurement qualifiée d'outrage et rébellion. À l'inverse, lorsque ces contrôles d’identité avaient lieu dans les cités ou les rues de la ville, les jeunes des classes populaires, pour la grande majorité d'origine immigrée, adoptaient presque toujours un profil bas (…)
Ils savent d'expérience combien inégal est le rapport de force (le dérapage donne lieu à une interpellation immédiate qui implique alors généralement la coercition physique par clé de bras ou placage au sol et mise des menottes) et le rapport de droit (la qualification d'outrage éventuellement doublé de rébellion pèse bien plus lourd devant la justice que l’invocation des mauvais traitements subis dont il est toujours plaidé, s'il en reste des traces, qu’ils sont intervenus en réponse à la résistance du prévenu).

C'est la loi du 10 août 1993, préparée par le Ministre de l'intérieur de l'époque, Charles Pasqua, qui a introduit cet important élargissement des possibilités d'opérer les vérifications d'identité, non seulement en l'absence du contexte d'infraction, mais aussi indépendamment du comportement de la personne…

Le contrôle d'identité est un pur rapport de force qui fonctionne comme un rappel à l'ordre, non pas à l'ordre public, qui n'est pas menacé, mais à l'ordre social.
Les contrôles d'identité, non seulement par leur fréquence mais aussi par leurs modalités, établissent une distinction entre les citoyens et des sujets (…) On comprend dès lors comment cette pratique, que beaucoup croient anodine, définit le rapport de certaines catégories de population à l'État et, plus largement, aux politiques. D'ordinaire, c'est une relation de méfiance à l'égard des institutions publiques qui se constitue, ce dont témoignent les taux particulièrement élevés d'abstention lors des élections.

(…) Le mot « bâtard » opère, lui, comme un substantif ordinaire qu'on pourra préciser, en ajoutant par exemple qu'il s'agit d'un « Noir » ou d'un « Arabe », d'un « Black » ou d'un «Rebeu».
Il y a une force performative de ce langage. Désigner comme « bâtards » les jeunes des classes populaires appartenant pour la plupart à des minorités, c'est faire exister une catégorie en quelque sorte biologiquement infra-citoyenne vis-à-vis de laquelle une méfiance particulière est de rigueur, et des pratiques spécifiques deviennent légitimes.

Une certaine indifférenciation du public est du reste, ainsi que l'ont montré les travaux sur la police en Amérique du Nord, un trait général de la représentation que les forces de l'ordre se font de la société. Elle repose sur leur sentiment d'être les victimes de l'incompréhension et du désamour des citoyens.

Autant dire qu'au regard du nombre de faits susceptibles de donner lieu à des jugements et compte tenu de la clémence des institutions chargées de les évaluer, la tenue d'un procès pour violence policière est un événement remarquable. (…)
Si, contrairement à l'habitude, les sept policiers avaient été convoqués, ce jour-là, pour des faits de violence à la chambre correctionnelle d'un tribunal de grande instance de la région parisienne, m’expliqua le magistrat du parquet, c’était moins en raison de leur gravité que de leur publicité (…) Le consulat général de Turquie avait saisi la préfecture qui avait exigé que l'affaire fut traitée de manière exemplaire (…) Ainsi, dans l'un des très rares procès pour violences policières ayant abouti à un jugement défavorable aux forces de l'ordre, la condamnation, pourtant minime, n'avait pas été exécutée. Le signe adressé à la justice par les autorités de l'État semblait clair : l'impunité de la police devait rester la règle et, si les magistrats s'avisaient de prononcer des condamnations, les peines ne seraient pas appliquées.

Non seulement il n'y a pas de consignes et de doctrine précise orientant l'action a priori, mais il n'y a pas non plus d'analyse ou de sanction a posteriori. L’usage de la force est laissé à la seule appréciation des policiers, quasiment sans regard extérieur. (…) Là où les uns affirment user de la force, les autres voient de la violence.

Les plaintes pour brutalité ou les mentions de coups dans un procès-verbal sont presque toujours discréditées et dissuadées (…)
Dans un bureau du commissariat, un gardien de la paix rédige un rapport concernant un adolescent de régime malienne âgé de 14 ans que l'on soupçonne d'avoir volé une bicyclette (…) L'adolescent ne se laisse pas démonter et proteste doucement : « Y a pas écrit que le policier m'a mis une gifle. - Je te préviens, il aura deux équipages qui vont témoigner contre toi et qui vont dire que tu as menti. Le juge ne va pas apprécier. -… -Alors, j'écris quand même ? -Oui. -Tu vas être confronté aux gardiens de la paix que tu accuses, ce sera ta parole contre la sienne et, en plus, il va t’attaquer en diffamation. - Mais, de toute façon, c'est vrai, m’sieur. Même qui avait d'autres jeunes, y pourront le dire. » De guerre lasse - mais probablement surtout en raison de ma présence- le fonctionnaire finit par enregistrer le fait.

Son avocat indiqua qu'il porterait sûrement plainte pour violences volontaires avec arme, lorsque l'examen de la balle extraite et l’analyse balistique auraient confirmé que les tirs provenaient bien des forces de l'ordre, ce qui ne laissaient guère de doute dans la mesure où des douilles avaient été retrouvées sur place. Il n’en fut pourtant rien. Comme je m'en étonnais auprès des fonctionnaires de la BAC, il me dire qu'on avait expliqué au jeune homme que, dans la mesure où il y avait «des petits frères qui avaient déjà fait des bêtises», il vaudrait mieux qu'il s'abstienne. Ce qu'il fit. Il avait compris le message.
Lorsque les brutalités des policiers parvenaient, malgré ces obstacles généralement rédhibitoires, à faire l'objet d'une plainte ou une mention dans un procès-verbal, ou bien, plus souvent, lorsque les forces de l'ordre pouvaient raisonnablement prévoir qu'il en serait ainsi -car, en la matière, l'anticipation était fondamentale-, la riposte la plus efficace était l'accusation d'outrages ou de rébellion contre personne dépositaire de l'autorité publique.

Tout le monde, dans le commissariat, savait que les choses se passaient ainsi et l'accusation d'outrage et rébellion servaient de marqueurs de la qualité des relations entre policiers et jeunes. (…) « Quand j'ai un policier qui accumule les outrages et rébellions, expliqua l'un d'eux avec lucidité, je suspecte une incapacité à gérer les situations, voir une tendance à ne pas gérer sa propre agressivité. »
(…) L'accusation d'outrage et rébellion n'est pas vraiment une arme à double tranchant : les implications pour les individus interpellés sont bien supérieures aux conséquences pour les forces de l'ordre, dont les agents peuvent par ailleurs avoir un bénéfice en numéraire s'ils se sont portés partie civile.

Nous passons près d'un véhicule arrêté sur un emplacement de stationnement. À son bord, deux hommes apparemment africains d'une trentaine d'années sont en train de discuter tranquillement. Nous nous arrêtons à leur niveau. Le brigadier leur dit de circuler. La voiture démarre, fait quelques mètres, la police la suit et lance immédiatement le gyrophare et le deux-tons. On a l'impression d'un piège qui se referme. Le véhicule s'arrête et les gardiens de la paix procèdent aux vérifications et aux fouilles des deux hommes qui s'avèrent être congolais. Cette fois, ils trouvent quelque chose à se mettre sous la dent : la voiture n'est pas assurée ; or, elle roulait.
(…) Ainsi, les Français dans leur ensemble, surtout quand ils appartiennent à une minorité, considère, plus que la plupart des autres européens, les discriminations raciales comme répandue et la police comme en étant la première cause.
(…) La distinction la plus marquée est opérée entre les « Black » et les « Rebeux », d'un côté, les « Manouches » et les « Roms », de l'autre. (…) À l'encontre des premiers, on manifeste plutôt de l'hostilité ; à l'égard des seconds, plutôt du mépris. Cette différence s'exprime parfois dans une subtile inflexion : « Vous êtes des merdes », dit-on aux uns ; « Ils vivent dans la merde », dit-on des autres.
(…) Les analystes des pratiques policières ne devraient donc pas pousser trop loin la logique contre-intuitive qui dissocie le racisme dans les mots et dans les actions. Certes, le racisme de commissariat est une performance, c'est-à-dire un jeu de rôle, mais il peut aussi avoir une efficacité performative, autrement dit produire sur le terrain ce qu'il énonce dans les bureaux.

Quelles sont les conditions de possibilité d'un tel renversement de situation, qui conduit à ce qu'un garçon, blessé à la suite d'une agression avec une barre de fer que le beau-père de l'auteur lui-même ne trouve pas justifiée, passe du statut de victime au statut de suspect ? Comment comprendre que non seulement il se retrouve au commissariat sous le faux prétexte d'un possible dépôt de plainte et avec la promesse mensongère de ne pas être entravé, mais qu'il soit au bout du compte soumis à la double sanction, d'une part, l'humiliation de se retrouver attaché à moitié dénudé à un banc et, d'autre part, de l'inscription dans un fichier de police consultable à tout moment ?

(…) La propagande partisane pouvait s'afficher publiquement dans des locaux de la police, ce qui supposait une violation de la neutralité supposée de l'institution (…) Au printemps 2007, donc juste avant les élections présidentielles et législatives, l'exhibition des signes politiques se fit plus ostentatoire au sein de la BAC. Certains agents se mirent en effet à porter un tee-shirt noir avec, sur la poitrine, le drapeau bleu, blanc, rouge et, dans le dos, l'inscription Patriot, le casque franc et la date 732.

Un fait important, mais passé inaperçu, s'est produit au milieu de la première décennie des années 2000 : les policiers sont devenus des victimes. Ce corps professionnel qui, par définition, se présentait comme le parangon de la force s'est soudainement mis à afficher sa faiblesse. (…) C'est une inversion presque complète de la technique de communication de l'État, lui permettant en quelque sorte de reprendre la main dans l'évaluation morale et affective que font les médias et plus largement les citoyens des confrontations entre jeunes et policiers. Les émeutes de 2005 avaient eu de victimes : les enfants électrocutés dans la mort avaient été le déclencheur des événements. Les affrontements de 2007 ont fait 130 victimes : les fonctionnaires blessés par les jeunes du quartier où leurs deux camarades avaient été tués. Du reste, ces derniers ne purent accéder au statut de victimes, dans la mesure où il fut immédiatement annoncé par le parquet que leur mort résultait d'un banal accident de la route dont ils portaient l'entière responsabilité et où il fallut de nombreux mois pour que soit rendue publique les expertises et les enquêtes qui suggéraient un rôle actif joué par le véhicule de police.

(…) On peut affirmer qu'un spectaculaire déclin de la mortalité policière s'est produit au cours des 20 dernières années, représentant une division par quatre du nombre de fonctionnaires décédés dans l'exercice de leur mission. L'enquête montre de plus que près de deux tiers des décès résultent d'accidents de la voie publique et seulement un tiers d'homicide, qui représentent donc en moyenne deux policiers morts par an contre huit il y a un quart de siècle. À titre de comparaison les suicides de fonctionnaires, sont vingt fois plus nombreux (…) Au États-Unis, 511 policiers ont été abattus au cours de la dernière décennie, soient 25 fois plus qu'en France, mais en Grande-Bretagne, on compte pendant la même période 15 décès résultant d'actes criminels, soit environ un quart de moins qu'en France… (…) Ainsi, à la suite du décès d'un gardien de la paix en 2010, le Président de la République a-t-il lancé l'idée de déchoir de leur nationalité les personnes naturalisées qui portent atteinte à la vie d'une personne dépositaire de l'autorité publique et le Parlement a-t-il voté une loi mettant en application cette proposition dont il s'avère pourtant qu'elle aurait tout au plus concernés un individu au cours de la décennie écoulée, et peut-être même aucun. Le débat suscité par cette législation a ainsi pu se dérouler pendant plusieurs semaines dans les médias, banalisant la représentation des policiers comme victimes non seulement de délinquants mais plus précisément que de délinquants « d'origine étrangère », sans que la réalité statistique du problème ne soit même évoquée et que la comparaison avec la mortalité accidentelle ne soit soulevée.

L'administration se montre du reste ambigüe à cet égard puisque, d'un côté, elle n'ignore pas que les outrages et rébellions traduisent la brutalité de ses fonctionnaires plus que la violence des jeunes, mais, d'un autre, elle les pousse à utiliser cette ressource pour réaliser des mises en cause qui débouchent à la fois sur des gardes à vue et, nécessairement, sur des faits élucidés, permettant ainsi d'améliorer leurs performances sur les deux critères principaux de la politique du chiffre. Les gardiens de la paix se voient même invités à se porter partie civile dans des procès dont leurs frais d'avocat sont entièrement pris en charge par le ministère de l'Intérieur et aux termes desquels les juges leur accordent volontiers des réparations d'un montant substantiel. Il y a ainsi une forme d'intéressement -en termes à la fois d'avancement professionnel et d'avantages financiers- au statut de victimes.

À la criminalisation de la société répondait ainsi une victimisation de la police, définissant une nouvelle économie morale dont les agents de la BAC étaient les acteurs principaux.

dimanche 25 mars 2012

« Les robes rouges » de Caroline Pigozzi (2009)



 « La démocratie, ce sont deux loups et un agneau qui votent pour savoir ce qu'ils vont avoir à déjeuner ».

« Les cardinaux de la Sainte Église romaine constituent un collège particulier auquel il revient de pourvoir à l'élection du pontife Romain. » (Code de droit canonique)

Cardinal Paul Poupard, France :
« Les services de l'État de la Cité du Vatican emploient 1764 personnes et la Curie romaine 834. »

Cardinal Philippe Barbarin, France :
« Le salaire d'un prêtre en France tourne autour de 900 €, et il est logé en principe par le diocèse. Celui du primat des Gaules ou des évêques est le même que celui de tous les prêtres.
En France, il y a 100 ordinations par an sur tout le territoire.
Les protestants, chez qui les pasteurs peuvent se marier, n'ont pas davantage de vocations !
Mais celui qui est capable d'affirmer que « pour le Christ, il donnera tout », offre un témoignage très parlant, qui touche bien au-delà du cercle des chrétiens. Le Mahatma Gandhi disait que ce qui impressionnait le plus dans le catholicisme, c'était le célibat sacerdotal. »  

Cardinal Peter Erdö, Hongrie :
« Actuellement, son premier défi, me semble-t-il, n'est pas celui de la religion mais de la culture. Jean-Paul II, toujours lui, évoquait avec beaucoup de lucidité la culture de la mort. »

Emmanuel III Karim Delly, patriarche de Babylone des Chaldéens, Irak :
« (…) nous étions là bien avant l'avènement de l'islam. Les Syro-chaldéens sont les véritables Irakiens ! Il faut se rappeler qu'au commencement du christianisme, les apôtres se sont dispersés ; Paul et Pierre sont allés vers Rome, d'autres apôtres vers l’Orient dont la première base est Babylone, l'un des berceaux du christianisme. »

Cardinal Vinko Puljic, Bosnie-Herzégovine :
« … J'ai récemment rendu visite à la communauté catholique de Turquie. Là, on nous a fait comprendre qu'il était impossible de restaurer les anciennes églises ou d'obtenir la permission officielle de l'autorité civile pour construire une nouvelle église (…)
Quand leurs ressortissants arrivent en Europe, nous sommes très respectueux envers eux, lorsque nous nous rendons sur leur terre, on ne peut que déplorer, hélas, qu’ils n'appliquent pas les mêmes principes ! »

Cardinal Francis Georges, Etats-Unis :
« L'église américaine vient de dépenser presque un milliard de dollars avec les indemnisations suite aux affaires de pédophilie sur son territoire (…) La quasi-totalité des agressions a eu lieu entre 1973 et 1986. Pourquoi ces treize années-là particulièrement, ou dans près de 90 % des cas les abus ont été commis au sein des familles (…)? »

Cardinal Wilfred Fox, cardinal zoulou :
« Jacob Zuma, le président de la République, a été réélu bien qu'il est également été mêlé à d'innombrables affaires de corruption mais aussi un viol, dont il ne s’est d'ailleurs même pas caché !
Je voudrais souligner l'exemple de l'Ouganda, seul pays au monde ayant réussi à faire tomber en douze ans le taux de contamination de 26 % à 6 % ! Les Ougandais y sont parvenus grâce à une politique gouvernementale ayant préconisé un changement radical de comportement : si vous êtes marié, vous n'avez qu'un seul partenaire auquel vous êtes vous devez fidélité, si vous êtes célibataires, vous pratiquez l'abstinence… Et dans ce programme, l’utilisation du préservatif était strictement réservée aux couples dont l'un des deux partenaires ou les deux étaient séropositifs. Or, en Afrique du Sud, où nous avons pourtant distribué des millions de préservatifs, notre taux continue malheureusement d’augmenter.
Le Nigéria détient le record, parmi les 53 pays du continent africain.
L'Autriche ou l'archevêque de Vienne est protocolairement, d'après la Constitution, le deuxième personnage de l'État…
L'Eglise brésilienne a réclamé la redistribution des terres aux populations naguère spoliées, pour ensuite les aider à les cultiver. »

Cardinal Marc Ouellet, Canada :
« Les propos de Benoît XVI en Afrique ont été déformés. Quand on les analyse, on s'aperçoit que le pape n'a pas dit « aucun préservatif d'aucune sorte » mais « qu'on ne peut pas régler cela simplement avec des slogans publicitaires sur le préservatif, cela pourrait même aggraver le problème ». »

Cardinal Georges Pekk, Australie :
« Ce qui, en revanche, mérite réflexion, est le cas de la Thaïlande, laquelle préconise l'utilisation du préservatif et où le taux de contamination est beaucoup plus élevé que dans les très catholiques îles Philippines prêchant la chasteté.
Il existe déjà, au sein de notre église catholique romaine, un certain nombre de prêtres mariés car 400 anciens pasteurs luthériens et anglicans -ce sont les chiffres officiels- qui, ces dernières années, se sont convertis au catholicisme avaient une épouse avant d'exercer leur ministère dans la religion catholique et ils l'ont évidemment gardée.
Lorsque Benoît XVI est venu chez nous voilà un an et demi (…) Il a entraîné dans son sillage quelque 110 000 jeunes étrangers vers Sydney, soit un nombre beaucoup plus important que les jeux olympiques de Pékin qui avaient lieu juste après en Chine et n’ont déplacé que 75 000 étrangers ! »

Cardinal Telesphore Placidus Topp, Inde
« Dans ce pays majoritairement hindou, où les chrétiens ne représentent qu'un peu plus de 2 % de la population (…) les chrétiens font toujours l'objet d'intimidations ils sont la cible d'assassinat (…) Beaucoup de chrétiens ont été tués et d'innombrables maisons brûlées, les églises incendiées - dont une a notamment fait plusieurs morts en 2008. (…) L’Orisa et le Jarkhand sont régulièrement le théâtre de violences antichrétiennes.
En Inde, l'église catholique est l'église des pauvres et 60 % des catholiques sont des Daliz et des Aborigènes, c'est-à-dire des réprouvés, qui se sont ensuite convertis au christianisme."

Cardinal Stanislas Dziwisz, Pologne :
« Notre pays la Pologne, détient en effet le record des séminaristes en Europe…
Je crois que là réside la force de l'église polonaise avec encore 90 % d'écoles catholiques puisque le peuple entier est catholique.
Comment oublier en effet que, dans le passé, le pape Jean XXIII a eu, à l'aube de ses 78 ans, le courage de convoquer le concile. »

Cardinal Roberto Tucci, Italie :
« Devenu doyen du sacré collège, Joseph Ratzinger eut la charge officielle et l'honneur suprême de présider aux funérailles de Carole Wojtyla et de rédiger 1 homélie funèbre qui impressionna vivement le collège des cardinaux. C'est lui encore qui prononça le discours avant l'entrée en conclave les événements qui l'ont propulsé au devant de la scène romaine et internationale. »